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Régionales : un premier tour dévastateur

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Régionales : un premier tour dévastateur

Avis aux retardataires : sortez les petits-fours et installez-vous confortablement devant vos téléviseurs. Le spectacle offert par la politique française, à l’issue du premier tour des élections régionales, est à ne manquer sous aucun prétexte dès lors que l’on est amateur du genre. A gauche et à droite, la panique se généralise. Du grand cinéma ! Les acteurs jouent parfaitement leur rôle. L’heure est aux calculs, aux petits arrangements, aux tractations… Avec un objectif clair : « faire barrage au Front national ». A gauche, ceux qui sont arrivés troisième sont invités à se retirer – sauf en Alsace, où le candidat résiste. A droite, les candidats se maintiennent en prônant un « ni-ni » qui ne leur coûte rien. Une posture d’intransigeance à peu de frais… qui ne trompe plus personne.

Au PS, les dégâts sont lourds. La nouvelle popularité de François Hollande, qui a connu un fort regain après les attentats du 13 novembre, n’a pas suffi à créer une dynamique favorable. De toute façon, personne ne s’étonne plus que les élections intermédiaires soient remportées par un parti de l’opposition. C’est une habitude française. Mais cette fois, ce ne sont pas les Républicains qui en profitent mais le Front national : et même si le parti de Marine Le Pen ne remporte qu’une seule région – il pourrait raisonnablement en enlever trois -, il serait le grand vainqueur de cette élection. Ceux qui expliquaient que les sondages qui montraient sa spectaculaire progression étaient gonflés artificiellement pour mobiliser les autres électeurs se retrouvent bien sots depuis hier. La présence du FN au second tour de la prochaine présidentielle passe de l’hypothèse à la quasi-certitude. Les chroniqueurs politiques, comme Thierry Arnaud, l’ont acté.

Pour l’ex-UMP, en revanche, il sera difficile de triompher dimanche 13 décembre : les victoires qu’il obtiendra ne le seront pas à la régulière. Il lui faudra en effet compter sur les voix de gauche pour espérer l’emporter. Une pensée, au passage, pour les socialistes qui devront glisser, la mort dans l’âme, un bulletin « Estrosi » dans les urnes… Quel sens du sacrifice et du devoir républicains ! Un élu PS du troisième arrondissement de Marseille, interrogé sur BFM-TV, confessait s’y résoudre avec abnégation. Une perspective qui, visiblement, avait empêché le pauvre hère de trouver le sommeil.

Cruelle désillusion, aussi, pour Nicolas Sarkozy. Que les Républicains ne virent pas en tête au premier tour pourrait lui coûter cher en terme de légitimité à être candidat à la présidentielle de 2017. Sur les plateaux de télévision, les chroniqueurs politiques annoncent déjà avec gourmandise les règlements de comptes à venir au sein de la « droite de gouvernement ». C’est simple : à l’unité feinte des ténors de l’ex-UMP cette semaine succédera, le lendemain même du second tour, une mise à mort de l’ancien président qui sera alors accusé de tous les maux. Déjà, quelques voix dissidentes se font entendre : celles de Nathalie Kosciusko-Morizet ou de Jean-Pierre Raffarin, en désaccord avec le « ni-ni » prôné par le parti.

Mais ce sont tous nos politiciens qui semblent avoir perdu le nord face à cette nouvelle donne électorale. En être réduit à proposer, comme l’a fait Julien Dray chez Jean-Jacques Bourdin (BFM-TV), une « alliance arc-en-ciel des partis progressistes » et appeler à la fondation d’un nouveau Conseil national de la résistance, montre dans quelle impasse les partis traditionnels se trouvent. Même une Ruth Elkrief, éditorialiste particulièrement modérée de la même chaîne, expliquait ce matin que « le système est à bout de souffle ». Que trouveront-ils à dire, dimanche prochain ?

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