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Imaginaire de la préhistoire
Vénus de Lespugue, mammouths congelés, ADN néanderthalien et peintures paléolithiques…
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Un Empire européen peut émerger en lieu et place de l’Union européenne caractérisée par son jacobinisme technocratique doublé de son atlanto-mondialisme ? Pour cela, il doit remplir plusieurs conditions spirituelles, institutionnelles et politiques. Maxence Smaniotto, Alain de Benoist et Édouard de Habsbourg-Lorraine les examinent et les mettent en perspectives à travers leurs trois ouvrages.
Effectivité de la postmodernité présente : crise de l’État-nation français, hybridité du techno-Marché unique européen et mondialisation dissolvante. Face à cette réalité nationale, européenne et mondiale, il est possible d’envisager la solution du fédéralisme traditionnel, lequel repose sur le principe de subsidiarité, dit de souveraineté conjuguée et de compétence suffisante, qui détermine ce qui n’est pas de la compétence de l’échelon supérieur mais au contraire du ressort des échelons qui lui sont subordonnés. Une Europe des peuples opposée à l’Europe technocratique, jacobine et mondialiste qui sévit de nos jours ! Un fédéralisme français et européen s’instaurerait dans un monde devenu interdépendant, multipolaire et traversé par de grands ensembles continentaux. Est-ce d’ailleurs un hasard si les multiples « États civilisationnels » et fédérations émergent dans ce monde en pleine mutation ? Il faut y rajouter les BRICS dans le domaine économique. Manque cruellement l’Europe ! Mais, quel potentiel peut exister à l’échelle planétaire ?
À propos du principe de subsidiarité, Maxence Smaniotto y revient concrètement dans son livre, Multipolarité impériale ; Le crépuscule de l’État-nation et le retour des Empires : « La subsidiarité est le principe selon lequel tout problème doit être traité par le niveau institutionnel compétent le plus bas, qu’il s’agisse d’un pays, d’un État ou d’une échelle administrative. Les niveaux administratifs supérieurs ne doivent jamais s’approprier des fonctions qui peuvent être gérées de manière plus efficace et plus compétente par les échelons inférieurs ». Les villes ne doivent jamais assumer des rôles que les familles peuvent gérer ; les régions ne doivent pas faire ce que les départements, les villes ou les familles peuvent faire ; les États ne doivent pas empiéter sur le rôle des régions. La bureaucratie de l’Union européenne de Bruxelles ne devrait pas s’occuper des problèmes qui peuvent être résolus au niveau national. Voilà qui est clair, nécessaire et révolutionnaire !
Du fédéralisme à l’Empire, il n’y a peut-être qu’un pas. L’Empire, au sens traditionnel du terme, est sacré. Il ne représente pas d’abord une réalité territoriale et militaire, mais repose sur une légitimité spirituelle, un principe à la fois supra-historique et conducteur en devenir. Il est mouvant et se caractérise donc par une unité politico-religieuse au sommet – l’Empereur carolingien par exemple, en l’occurrence Charlemagne – et une diversité ethnoculturelle à la base résidant dans les peuples constitutifs de ce même Empire. Si les impérialismes modernes imposent leur modèle, les Empires traditionnels composent avec les peuples conquis ! En effet, si les premiers véhiculent un ethnocentrisme élargi aux dimensions de l’univers, les seconds font coïncider les particularismes identitaires avec l’universalité spirituelle impériale qui les transcende et les englobe sans les détruire.
Dans l’excursus « L’idée d’Empire » tiré, de son nouveau livre Souveraineté nationale et souveraineté populaire, Alain de Benoist rappelle : « L’Empire vise à unifier à un niveau supérieur sans supprimer la diversité des cultures, des ethnies et des peuples. Il constitue un tout dont les parties peuvent être d’autant plus autonomes que ce qui les réunit est plus solide. Ces parties restent organiques et différenciées. » Et le philosophe et historien des idées d’ajouter : « L’Empire s’appuie par-là beaucoup plus sur les peuples que sur l’État ; il cherche à les associer à une communauté de destin sans les réduire à l’identique ». En effet, citons la liste des vrais empires : l’empire romain, l’empire carolingien, le Saint Empire romain germanique, l’empire byzantin, l’empire ottoman, l’empire des Tsars russes et l’empire austro-hongrois. Énumérons aussi alors les faux empires : l’Empire napoléonien, l’empire soviétique, l’empire hitlérien, les empires coloniaux, l’empire américain et les impérialismes modernes.
En attendant que cet Empire européen ne surgisse, le seul modèle politique qui se rapproche le plus de lui demeure le fédéralisme. Pour certains, les deux modèles, surtout le premier, relèvent du rêve. Pourtant, notre monde européen déchristianisé, dévitalisé et globalisé trouve dans la solution fédérale/ impériale la réponse à cette réalité contemporaine qui n’est pas précisément le réel en tant que l’homme vit dans des cadres communautaires d’appartenance au sein d’un espace et d’un horizon commun. Pour revenir à l’Empire sacré en devenir, Édouard de Habsbourg-Lorraine observe dans La méthode Habsbourg, 7 principes pour traverser des temps troubles : « Otto de Habsbourg disait que l’objectif était d’être transnational, de s’adapter aux différentes réalités nationales tout en les conduisant vers un dessein commun et cohérent. Il y avait bien un fondement d’unité dans la diversité ; c’est ce que Charles Quint appelait l’Orbis europaeus christianus, le « Monde chrétien européen ». Même si l’Empire comptait différentes nations, le christianisme, l’idée intemporelle d’empire et la personne de l’Empereur constituaient les principes unificateurs ». Faisons nôtre ce pari exigeant pour l’avenir dans notre XXIe siècle vacillant !
Illustration : La figure de l’Empereur chrétien, le seul capable d’unir les peuples sans vouloir les fondre.
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