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Vladimir Poutine, l’adversaire indispensable d’Emmanuel Macron

Les déclarations successives du président Macron concernant l’envoi de troupes en Ukraine ont d’abord créé de l’émoi, aussi bien chez les alliés de la France qu’au sein de la population.

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Vladimir Poutine, l’adversaire indispensable d’Emmanuel Macron

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On a cru qu’il s’agissait de dérapages ou du lancement de la campagne européenne, apparemment fondée sur la compassion pour le peuple ukrainien. On ne voulut pas admettre que la colombe qui avait maintes fois téléphoné à Vladimir Poutine pour s’enquérir de son honneur s’était bel et bien transformée en faucon. Mais bientôt, d’autres interprétations se firent jour, démontrant qu’il ne s’agissait en aucun cas de paroles lancées à la légère, mais d’interventions soigneusement préméditées.

Pour commencer, on attribua le retournement du président Macron à l’adoption de la ligne défendue notamment par Alain Bauer : les Russes possédant d’autres habitudes que les nôtres en matière de dialogue et de géopolitique, il fallait hausser le ton, leur rappeler qu’un pays comme la France possédait des forces militaires et l’arme nucléaire. Même si notre pays n’était pas en mesure d’affronter une guerre conventionnelle, il pouvait au moins prendre un ton menaçant.

Cette explication peut très bien coexister avec une autre, qui nous paraît expliquer le changement spectaculaire du président. L’impopularité, le manque de légitimité démocratique dont souffre Emmanuel Macron, ses relations souvent conflictuelles et méprisantes vis-à-vis du peuple français, la somme impressionnante de contestations sociales qui se sont accumulées sous ses mandats l’ont confirmé dans un européisme à tout crin, qui est aussi sa seule planche de salut pour l’après 2027. Dans une telle perspective, la France constitue un instrument utile, à condition de la dépasser pour prendre en mains les destinées de l’Union européenne.

Chef de guerre

Le président s’est donc transformé en chef de la préparation de guerre, avant de pouvoir devenir un jour le chef de guerre. Le 21 février, c’était le fameux « je vais envoyer des mecs à Odessa », expression vulgaire qui en dit assez sur la considération de cet homme pour l’élite de notre armée. Puis, le 26 février, ce fut le désormais célèbre « En dynamique, rien ne doit être exclu. » Cette affirmation à la fois opaque, terrifiante et impérative provoqua une autre émotion. Elle fut prononcée devant vingt chefs d’État européens, lors de la Conférence internationale sur l’Ukraine. Mais ceux parmi eux qui furent d’abord surpris et effrayés par ce langage martial se ravisèrent bientôt, épousant peu à peu le point de vue intriguant et persuasif d’Emmanuel Macron – sans que l’avis des peuples soit jamais sollicité.

Comment expliquer le bellicisme prudent (à vous de tirer les premiers, Messieurs les Russes) du président ? Face à l’euroscepticisme de plus en plus évident au sein des peuples européens, M. Macron poursuit la politique de fuite en avant et de marche forcée que l’Eurocratie a mise en place depuis le traité de Maastricht. Chaque démenti, chaque recul en matière européenne devient prétexte à aller toujours plus loin. La force militaire constituant le dernier pilier de la souveraineté qui nous reste – une souveraineté chèrement payée par nos pères en 1914-1918, puis en 1939-1945 –, M. Macron a inventé une machine terrible et incontrôlable pour l’annihiler. Les sceptiques ont beau jeu de rappeler que le destin de l’Ukraine ne constitue pas un intérêt vital pour la France : le président répond qu’il l’est pour l’Union européenne, que l’Ukraine cherche à rejoindre, et pour des pays comme la Roumanie et la Pologne, qui en font déjà partie. Jamais il ne se demande si mourir pour l’Ukraine pourrait être un débat pour les Français, puisqu’il n’est question que de mourir pour elle lorsque l’on est « Européen. » De Brest et de Paris jusqu’à Bucarest et Constanta, la géopolitique, la diplomatie, la stratégie doivent être unifiées et les différences, neutralisées ou ignorées.

Faire la guerre sans demander des comptes à personne

Les ambitions de M. Macron ont tout à gagner d’une guerre avec la Russie, et le pire pour elles serait que ce conflit n’ait pas lieu. Aux yeux du président français, Vladimir Poutine apparaît en effet comme l’ennemi fondateur – et inavouable – de l’Europe qu’il convoite, et qu’il cherche à achever, comme un maître d’œuvre habile et hautement conscient. Bien loin de lui apparaître comme un personnage odieux, M. Poutine est l’homme providentiel grâce auquel le sentiment d’appartenance européen pourrait être enfin créé ou ranimé, pour sortir l’Union européenne des doutes qui rongent de plus en plus les peuples censés la composer. De la même façon que la guerre de 1914-1918 a contribué à l’unification du peuple français (même diminué d’un million et demi de morts), une guerre avec la Russie permettrait de marier dans le sang et les larmes les millions d’êtres humains qui ont à s’unir sous un même gouvernement et avec une seule armée. Il s’agirait de la fabuleuse régénération sur laquelle les bellicistes ont coutume de rêver, lorsque l’état des choses ne leur convient pas.

Pour le moment, M. Macron paraît jouer la carte française. Après avoir diminué le budget de la Défense pendant des années (après MM Sarkozy et Hollande), et face à l’évidence des dangers qui se multiplient à travers le monde, l’heure est à son renforcement. Les médias ne parlent plus que de fabrication d’armes, de munitions, mais aussi de recrutement et de réouverture d’usines, le ministre Lecornu annonçant benoitement lancer « une industrie de guerre ». Les éventuels contestataires sont mis le dos au mur : avec le retour opportun de l’isolationnisme de Donald Trump, l’Europe semble condamnée à s’entendre pour s’organiser militairement. L’intérêt supérieur de la patrie n’existe plus : il doit être oublié au profit de la seule conscience européenne en cours de construction. De la même façon que les institutions européennes vivent et s’étendent sans contrôle démocratique, au point d’être qualifiées de « despotiques » par Jacques Delors il y a quelques années, elles peuvent bien organiser et faire la guerre sans demander des comptes à personne.

Acclimater les populations aux nécessités de la guerre

Telle est la manœuvre eurocratique dans laquelle M. Macron se lance depuis février 2024. Aussitôt, des généraux aux ordres emboîtent le pas. L’ancien chef d’Etat-major Lecointre célèbre l’Europe comme une « idée magnifique » et répète l’adage mitterrandien « l’Europe c’est la paix » qui faisait rire Max Gallo. Le maître ayant parlé, nous entendons aussitôt de nombreux intervenants, militaires, anciens hommes d’État, journalistes militants, entonner des incantations à l’Europe, et parler du peuple ukrainien avec des accents émouvants, qui préparent les grands cimetières du futur. À l’unisson de leur président, ils reprennent l’une de ses antiennes, connue sous le titre « quoi qu’il en coûte. »

L’évolution très rapide du discours officiel et de la propagande médiatique témoignent du processus auquel nous assistons, somnambules ou assommés, quand nous ne sommes pas menacés pour nous faire taire : il s’agit maintenant d’acclimater les populations aux nécessités de la guerre, de façon à ce qu’elle puisse se produire d’ici 2026 ou 2027. Le grand chantier de la guerre se confond peu à peu avec celui de l’Europe, laissant notamment le peuple français sur les bas-côtés de l’Histoire. Les grands médias (Le Monde, Libération, Le Figaro, sans parler de la télévision) jouent d’ores et déjà un rôle capital pour persuader du bien fondé de la guerre européenne, et ternir les eurosceptiques, soupçonnés de russisme, alors que Vladimir Poutine est le gage indirect de l’Europe future.

(*) Frédéric Rouvillois : « Le George Washington de l’Europe », L’Incorrect, mars 2024.

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