La nation états-unienne est jeune, mais elle s’est vite pensée comme un empire, et l’empire américain est déjà vieux, car les empires ne durent jamais longtemps.
Affichant une puissance réelle, militaire, technologique et financière, qui masque des faiblesses tout aussi réelles, financières et économiques, les États-Unis tout à la fois se recentrent sur leur prétendu pré carré de l’hémisphère occidental et lancent une nouvelle phase d’expansion commerciale, tant il est vrai que cette nation de marchands ne conçoit l’ordre politique que sur le modèle puritain de l’accumulation des richesses.
Trump vante à l’envi ses succès financiers, preuves de l’élection divine (même si ses vanteries ont parfois des accents de prières), pour justifier une prédation moins cynique qu’honnête : plus rien n’est peint aux couleurs de l’intérêt général ; à défaut de construire les nations, comme prétendaient le faire ses devanciers, il n’entend construire que des immeubles de rapport, et si possibles quelques casinos. Mais le monde est-il prêt à adopter sa stratégie et à accepter son joug ? L’Union européenne va-t-elle sortir de la vassalisation américaine, que les BRICS refusent déjà de subir ?
Les États-Unis se replient
Les États-Unis se replient car ils ont fait naître des menaces : leurs banques ne dominent plus la planète financière, les échanges se dédollarisent, les technologies sont asiatiques… Qui gagnera la course à l’IA, qui apparaît désormais autant comme un pari hasardeux que comme une rupture sociale majeure ?
Pour nous, en Europe, la question de l’empire américain est double : devons-nous accepter sa tutelle économique maintenant qu’il ne nous impose plus ses diktats idéologiques ? Et comme cette idéologie a changé comment allons-nous empêcher les progressistes de se vanter de savoir résister à la force vulgaire tout en vilipendant ceux qui, hier, refusaient aussi bien les trusts que les soviets ? Car la gauche se pare désormais de l’attirail de la résistance idéologique et, dans les oripeaux de l’antifascisme, entend bien poursuivre son œuvre morale de destruction des identités européennes. L’empire affaibli se retire dans son continent et abandonne ses marges à de nouveaux vandales, surgis en leurs seins et prêts à accueillir tous les barbares.
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