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Le drame des “solutions politiques”

L’ère des grandes migrations continue. Les flux n’épargnent pas les êtres, prisonniers, qu’ils s’exilent ou qu’ils accueillent, d’une structure encourageant profondément le déracinement. On croise, en Afrique et en Orient, les profiteurs et les victimes de ce nouveau stade du capitalisme. Toutes les classes et tous les âges s’y mêlent, aspirés par le prétendu eldorado occidental, souvent fantasmé.

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Le drame des “solutions politiques”

J’ai croisé à Tripoli une veuve impotente qui pensait qu’elle gagnerait l’asile car son défunt époux avait combattu pour la France. La nonagénaire ne savait plus que faire pour sortir de l’indigence. J’ai connu aussi de jeunes médecins irakiens, des ingénieurs libanais et jusqu’à des prêtres de toutes les églises orientales qui rêvaient du départ.

Tout est parfaitement organisé pour aspirer les envies d’ailleurs. Les visas Schengen se négocient. Les filières d’asile sont réparties entre passeurs mafieux. On règle l’apprentissage studieux des « légendes » personnelles. Les proches travaillent à réunir leurs communautés. Des drames comme celui d’Annecy, le 8 juin dernier, nous rappellent qu’aucune immigration, qu’elle soit légale ou illégale, morale ou immorale, chrétienne ou musulmane, ne transforme son sujet en pur esprit, titulaire de tous les droits possibles, et face auquel aucune prudence ne serait de mise.

SOS chrétiens d’Orient n’a ainsi jamais communié dans la solution trop souvent évoquée, et parfois par les meilleurs cœurs du monde, qui consisterait à accueillir toutes les communautés chrétiennes orientales pour les préserver des factions islamistes. D’abord parce que, de toute évidence, être persécuté ou discriminé ne pare pas d’un corps céleste. Ensuite car le sens profond de notre militantisme est de nous battre pour permettre aux chrétiens d’Orient de vivre et prospérer sur la terre de leurs pères.

Cesser l’aveuglement idéologique

Nos gouvernements ne sont pas toujours responsables du sort fait aux communautés chrétiennes orientales. Certains ont toute leur part, comme celui des États-Unis, dont l’invasion de l’Iraq en 2003 a déstabilisé une région déjà en proie aux radicalisations islamistes. D’autres pourraient, en cessant leur aveuglement idéologique, endiguer de larges parts des afflux de migrants qui bouleversent notre continent.

L’échec cinglant de la dernière conférence pour le soutien aux réfugiés syriens en est un exemple paradigmatique. Le 14 et le 15 juin 2023, l’Union européenne présidait ainsi « la septième conférence pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région ». La délégation libanaise, qui connait bien son sujet puisque le pays du Cèdre accueille près de 2 millions de réfugiés syriens, n’a pas cessé de demander une évolution de Bruxelles sur l’aide accordé à ses réfugiés. Le constat est simple : la seule chose qui unisse les confessions et les partis politiques libanais, c’est l’exigence du retour des réfugiés syriens dans leur pays. Qu’ont répondu les gouvernements européens, la France et l’Allemagne en tête ? Pas de soutien au retour des réfugiés syriens dans leur pays ni d’aide à la reconstruction pour Damas tant qu’une « solution politique » n’a pas été trouvée sous l’égide de l’ONU.

L’ONU, dont les rapporteurs spéciaux sur les droits de l’homme n’ont de cesse de répéter que les sanctions occidentales sur la Syrie ont des effets désastreux sur la vie des habitants, sert ici de paravent bien utile. Le Machin à ses adeptes quand il s’agit de se défausser. Depuis 2011, aucune solution politique désirée par les Occidentaux n’est arrivée en Syrie. Douze ans plus tard, condamner les pays voisins à assumer un fardeau qui les déstabilise puissamment est une folie géopolitique et humanitaire. Mais cette folie a ses raisons, et l’une plus impérieuse que les autres. Il ne faudrait pas admettre que notre aveuglement collectif lors de la guerre civile syrienne, de sa prolongation en Iraq, et de ses conséquences lamentables en Syrie ou en Jordanie, doit cesser. Trop de carrières, de positions, de magistères moraux sont nés de cette crise. Alors, un ministre libanais ne pèse pas grand-chose face à la sourde culpabilité de ceux qui vendirent la révolution heureuse pour aboutir à des milliers de tentes brûlées et affamées.

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