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Mme Fourest, la bonne à tout faire de M. Kretinsky

Dans le contexte de la campagne présidentielle qui s’allume à petit feu, le « citoyen » est déjà otage d’une guerre des désinformations.

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Mme Fourest, la bonne à tout faire de M. Kretinsky

Un exemple parmi beaucoup d’autres vient de nous en être fourni par une « interview » (en réalité un reportage invité sur une chaîne publique) d’une militante de gauche, Mme Fourest, par deux personnalités de l’audiovisuel public, Mme Elkrief et M. Pujadas. Le traitement de l’Affaire Epstein y a été lunaire, mais ce n’est pas mon propos. Mme Fourest entendait renvoyer dos à dos M. Pigasse, propriétaire – entre autres – de Radio Nova, et M. Bolloré, lui aussi propriétaire de médias. Elle oublie de signaler deux choses – on appelle cela sous-informer, donc mentir par omission…

La première est que le média qu’elle dirige, Franc-Tireur, est lui-même propriété d’un milliardaire tchèque, M. Kretinsky, ancien associé de M. Pigasse : on peut donc craindre de sa part une simple opération de concurrence plutôt qu’une indignation contre les grands propriétaires de presse. La deuxième est que la totalité des grands médias français, presse écrite, parlée, filmée, appartient à sept milliardaires, dont trois sont étrangers. Nous mettrons de côté Dassault, qui possède « seulement », si l’on peut dire, Le Figaro, et M. Stérin, Valeurs Actuelles, car ce n’est rien à côté des sept milliardaires évoqués ; et nous mettrons de côté également les publications mineures, même possédées par d’autres milliardaires comme MM. Pigasse, ici partie prenante dans l’intervention biaisée de son employée Mme Fourest, ou Branson, propriétaire de Virgin Radio

Sept milliardaires possèdent 80% des médias privés

Le Parisien, Investir, La Tribune, Les Echos, Radio classique, appartiennent à Bernard Arnaud, dont l’épouse proclame qu’elle voterait volontiers pour M. Mélenchon, ce qui signifie bien que le vrai pouvoir ne sort pas des urnes, et surtout que la noblesse (Arnaud) et le clergé (Mélenchon) s’allient naturellement contre les partis populaires. Et enfin, qu’il est difficile de proposer une analyse économique dissidente, quand tous les grands journaux spécialisés dans cette matière marchent d’un même pas. Le gendre de Bernard Arnaud, Xavier Niel, possède Le Monde, Télérama, Courrier international, Brut, L’Informé (oui, c’est son titre), Le Crayon, Huffington post. L’Israélo-marocano-franco-lusitano-christophien Patrick Drahi possède BFM, RMC, I-24 et Libération. L’Allemand Christophe Mohn possède M6, W9, RTL et Fun Radio. Le Tchèque Daniel Kretinsky possède Marianne, Elle, Télé 7 jours, Loopsider, mais aussi 5% de TF1TF1 appartient à M. Bouygues, ainsi que TMC et LCI. Vient enfin celui qui est comme l’arbre cachant la forêt des six autres, M. Bolloré qui possède Canal, C Star, CNews, Europe1 et Le JDD (sa chaîne C8 a été fermée par l’État).

Ces sept milliardaires possèdent 80% des médias privés en termes d’audience. On voit que la question ne se limite pas au seul M. Bolloré, mais porte sur une situation monopolistique, et surtout sur le fait de savoir si elle pèse exagérément sur les consciences. Jim Morrison, le célèbre rockeur américain, disait que « celui qui contrôle les médias contrôle les esprits » ; c’est d’abord vrai pour le système scolaire, mais on peut en effet au moins se poser la question, compte tenu des puissants moyens d’agir sur notre cerveau reptilien : nous savons cela depuis les travaux de Gustave Le Bon sur la psychologie des foules, et ceux de différents auteurs portant sur la fabrique du consentement. Quant à l’indépendance journalistique, on connaît le fameux épisode de la couverture de Marianne – tiens ? encore Mme Fourest… – montrant les deux finalistes d’une élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine le Pen, avec cette alternative : « La colère ou le chaos », couverture modifiée sur ordre de M. Kretinsky – lui-même non-électeur, puisque Tchèque : « Malgré la colère, éviter le chaos ». Les directeurs de rédaction sont choisis par le propriétaire, ce qui réduit à rien la liberté des journalistes. D’autre part, les médias coûtant bien plus qu’ils ne rapportent, les grands propriétaires s’en servent d’abord comme instruments politiques pour favoriser leurs affaires en partenariat avec la République. Voilà ce qu’il faut savoir quand on allume son poste ou que l’on achète son journal…

 


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