Le Rassemblement National est aux portes du pouvoir. Il l’affirme, il assure être en ordre de marche, les municipales seront peut-être un test, la seconde dissolution espérée n’a pas eu lieu mais toutes les investitures sont prêtes. Et que fera-t-il du pouvoir ? On en a eu, peut-être, un aperçu avec la manière dont le RN a voté certaines lois, s’est abstenu sur d’autres ou encore a déserté l’hémicycle.
On en a eu, peut-être, un aperçu avec la « Commission d’enquête relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissances étrangères », présidée par Jean-Philippe Tanguy, le très médiatique député RN : elle a abouti à “alerter” sur les ingérences russes et chinoises (il semble que les États-Unis n’aient aucune influence en France) et le RN n’a pas une seule seconde réussi à se débarrasser de l’image de parti pro-russe que ses ennemis lui ont collée et lui recollent dès qu’ils peuvent. Espérons que la commission d’enquête « visant à lever les incertitudes budgétaires en matière de Sécurité sociale », dont la création, demandée par le RN le mois dernier, a été validée, réussira à produire quelque chose de plus substantiel et surtout de plus utile à la nation.
Dernièrement, dans un contexte de crise assez inédit, le RN a jugé bon de parler de rouvrir les maisons closes. Chacun jugera de l’urgence de la chose. Au même moment, ou presque, le RN réussissait à laisser passer deux propositions de lois immigrationnistes, la séance étant d’ailleurs présidée par Sébastien Chenu, député RN vice-président de l’Assemblée nationale. Il n’y avait tout simplement pas assez de députés RN sur les bancs (avec ses alliés UDR, le RN peut en aligner 139 – s’il les mobilise). Nous parlons d’un mouvement qui n’aime pas l’idée d’une « union des droites » et qui va même jusqu’à considérer avec méfiance le mot « droite » en espérant continuer à ramener à lui tous ceux que la gauche a déçus. Mais la France a-t-elle véritablement dépassé cet antagonisme, dans son fonctionnement institutionnel, dans l’organisation de la vie politique, dans la mainmise socialiste sur les structures de pouvoir, dans la propagande portée par le service public, dans la voix de la majorité des médias de masse ?
Alors, le RN a-t-il raison de consacrer l’élection présidentielle de 2027 comme le moment du salut national ? Fait-il le bon pari en pensant pouvoir gagner seul ? Saura-t-il et pourra-t-il gouverner ?
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