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Fin d’année sans avenir

C’est sans avenir. Tout le monde le sait. La France est dans une mécanique institutionnelle qui va finir par la broyer. Qui va enfin oser le dire, l’écrire ? Il se dit ouvertement de plus en plus de choses excellentes, mais jamais sur cet essentiel institutionnel. Personne, en dehors de notre Politique magazine dont c’est la spécificité.

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Fin d’année sans avenir

Or, tout est là. Disons les choses clairement, que ça plaise ou que ça ne plaise pas. En dépit de De Gaulle, du gaullisme, des gaullistes ou prétendus, des républicains, des socialistes qui ont revêtu la livrée, en dépit de tout le petit monde républicain et qui vit de la République, y compris le Rassemblement National, il n’y a rien à tirer de nos institutions. Rien ! Elles sont mauvaises en elles-mêmes, dans leur principe.

À l’exception, comme par hasard, de celles qui se rapprochent le plus de nos antiques réalités territoriales et communales ; et c’est, d’ailleurs, la raison pour laquelle tout est fait pour les détruire. Ah ! Les superstructures : la République vit de superstructures où l’on case les affidés, où l’on fabrique des normes, où l’on multiplie l’appareil administratif qui ensuite « emmerde le Français ». Ces superstructures aident à tenir la France enserrée, pour finalement l’empêcher d’exister. C’est si vrai que c’est exactement ce que les Français vivent aujourd’hui. Évidemment, ils ont du mal à comprendre un tel cynisme institutionnel.

Ça paraît inimaginable. Une partie de la population est dressée contre l’autre partie, c’est tout l’art de la République, c’est proprement le génie républicain tel qu’il se manifeste en France depuis l’origine. Et ça va loin. Des chars, des blindés, des structures guerrières envoyées par l’État contre des agriculteurs qui allument des feux de paille ! Heureux qu’il n’y ait pas eu de morts ! La République s’en fout. La République a toujours tiré sur le peuple, sans scrupule. Comme elle tient l’Éducation dite nationale – on sait comment – et l’information et la culture, elle récupère toujours le truc à son profit. Clemenceau, grand républicain, s’il en fut, n’a jamais hésité à faire tirer les soldats sur les ouvriers, sur les viticulteurs, sur les paysans.

Et Cavaignac. Et Fructidor ? Et Vendémiaire : pensez donc, les royalistes devenaient majoritaires dans les sections de Paris ; ça méritait bien une mitraillade sur le parvis de Saint-Roch. Et peu importe, femmes, enfants ! la République ne s’arrête jamais à ces considérations-là. Pas plus qu’en Algérie en 1962, quand il s’agissait de tuer du pied noir ou du musulman fidèle à la France. La République a livré ces derniers par dizaines de milliers à des terroristes qui s’étaient emparés du pouvoir, de territoires français et de populations françaises, grâce à De Gaulle. Et on veut féliciter De Gaulle de cette effroyable trahison ! Et ça se paye aujourd’hui ! On voit comment. L’histoire de la République est une histoire horrible qu’il faudra bien un jour écrire lucidement en en tirant toutes les leçons.

Un président, chef de manœuvre

Non, il n’y a plus rien à tirer de nos institutions. Elles font toute la preuve, et depuis fort longtemps, de leur incapacité pratique à remplir leur rôle. Le chef de l’État n’est plus un arbitre : l’a-t-il jamais été ? Au vrai, c’est de la rigolade ! « Le roi de la République » est un manoeuvrier de la pire espèce, et de plus, pour ce qui est de Macron, qui coûte très cher. Ses prédécesseurs ?

Les Hollande, Sarkozy, Chirac, Mitterrand – celui-là mérite une mention spéciale pour sa capacité à duper tout le monde, sans autre profit que personnel, car il savait tout et il aurait dû agir pour la France et il ne l’a pas fait. Ce « partageux » qui vitupérait contre l’argent ne payait même pas ses notes de restaurant. Hollande, itou ! Le socialisme français a des grandeurs insoupçonnées ! Giscard n’a travaillé que pour lui. Quant à De Gaulle, il n’a jamais pensé qu’à De Gaulle, son unique préoccupation. En dépit de ce qui se raconte, il n’a fait que jouer avec le comte de Paris. Ça ne lui coûtait rien d’écrire et d’illusionner. C’est en grande partie l’art du gaullisme : faire croire, abuser, tromper ; il en avait fait, dans son premier livre, la théorie du « chef ». Et le « chef », c’était lui. Évidemment !

Aujourd’hui, la fonction présidentielle est dévalorisée. Il n’est pas difficile de comprendre que le poste – censé être monarchique pour donner de la stabilité à une République qui par nature n’en a pas – est dans le viseur d’une bande de politiciens qui pensent tous être faits pour le remplir. Il y a les déclarés et les non déclarés, il y a ceux qui rongent leur frein. Et celui qui est en quelque sorte à poste ne veut pas quitter la place.

L’homme passe son temps en avion ; en cinq mois il a fait six fois le tour de la terre. Il prodigue ses discours, ses conseils, il mène ses stratégies pour encercler la Russie, la réduire, la forcer en quelque sorte à la guerre, une guerre ou semi-guerre, qui lui permettrait de réaliser sous son nom, du moins l’espère-t-il, la Communauté européenne de Défense dont il rêve. Il attend avec impatience cette opportunité, sans aucun scrupule, même « si nos enfants meurent », mais il sera le chef. Et, pour lui, ce serait bien de sauter du fauteuil de président français dans celui de l’Europe de la Défense. C’est là-dessus qu’il joue.

Mais les choses se dérobent. L’Amérique s’éloigne. L’Allemagne organise sa propre défense, des missiles et drones aux chars et aux moyens terrestres. Elle rompt délibérément avec la France. Il n’y a plus de couple franco-allemand ; à la vérité, il n’y en a jamais eu. Macron va se trouver seul. L’Europe de l’Est et du Nord ne le suivra pas. Meloni préférera Trump. Plus il fanfaronne, moins il a de pouvoir. Sur le Mercosur, il s’apprête à tout lâcher malgré les apparences. Cet homme ne défend plus les intérêts français ; il ne les a d’ailleurs jamais défendus. Il est lié par des intérêts étrangers. S’imaginer que le suivant pourra changer les choses relève de l’illusion. Ce sera aussi un aventurier de passage qui réussira son coup comme Macron avait réussi le sien en 2017 et en 2022 en trompant tout le monde. Il n’aura d’autre légitimité que son élection qui sera aussitôt contestée dans une ambiance de guerre civile comme la République en crée naturellement. L’avenir est inquiétant, très inquiétant.

Un gouvernement qui ne gouverne pas

Le fonctionnement du quinquennat et de la présidence de la République ont encore affaibli la fonction du chef de gouvernement. C’est devenu un valet. Aujourd’hui, le Premier ministre n’est qu’un instrument à la main du président pour faire durer le système, sans autre principe de gouvernement que sa propre survie ! Il faut voir le Lecornu dresser le doigt, dénoncer les manoeuvres occultes qui visent à le renverser. Quel régime !

Les ministres sont assis entre Paris et Bruxelles et ne s’intéressent aux Français que le temps d’un micro dressé. L’Assemblée nationale est une pitrerie, d’où sortent les pires discours anti-français qui se puissent entendre. Dans l’état actuel des choses aucune solution ne débouchera du Parlement, le Sénat étant cantonné à son rôle mineur. L’autorité judiciaire, à quelques notables exceptions près, et fort courageuses – peu soutenues par les autorités –, pactise concrètement par l’esprit général de ses décisions avec la criminalité organisée en ne cessant de lui faciliter le travail. Et alors que les prisons prétendument les plus sévères sont des centres de décision, y compris pour des assassinats.

Ce spectacle tragique et les innombrables incidents qui, chaque jour, viennent frapper la France et les familles françaises ne changent rien fondamentalement à l’ordinaire de la République qui poursuit sur sa lancée. La France est sans budget. Tous les jours des usines ferment, des marques prestigieuses disparaissent ; Macron s’en fout, il cause avec Xi Jinping, qui le méprise visiblement ; il essaye de causer avec Trump, qui se moque ouvertement de lui. Il est la risée du monde. Et la France est contente de son régime institutionnel, ce ridicule « faux roi » que la République lui attribue. Pendant ce temps, les jeunes entrepreneurs s’en vont ou se vendent.

La France est contente de son régime institutionnel, ce ridicule « faux roi » que la République lui attribue.

De toute façon, Macron vend, c’est son truc ; il aime vendre surtout quand il touche une commission non déclarée et pour laquelle il n’est évidemment jamais poursuivi. Oh, rigueur républicaine ! Qui sait toujours où il faut frapper. Et manifester la sévérité qui convient.

Bref, dix ans presque de Macronie et notre tissu industriel s’effondre, notre agriculture est à l’agonie entre les ordres stupides de Bruxelles et les cafouillages administratifs français. Les paysans ne comptent plus électoralement, comme les pêcheurs, comme les ouvriers. La République s’en fout par définition. Qu’a-t-elle fait ces vingt dernières années pour sauver ce qui reste de notre patrimoine industriel, agricole ? Des discours, des promesses. Et les Français croient dans cette République de mensonge, de trahison, de capitulation.

Nos communes disparaissent ; nos vieilles villes, nos vraies villes aussi ; ne parlons pas des banlieues, tandis que prospère le narcotrafic de plus en plus installé quasi publiquement dans certains centres périphériques avec accord délibéré de certaines autorités.
Il faut le dire, la France est aujourd’hui un narco-État ; les autorités compétentes jugent que le combat est perdu… La République est en ce domaine aussi le pire ennemi de la France. Elle est tenue de tous les côtés par lâcheté, par complicité, par d’innombrables ramifications. Il y aurait, bien sûr, des solutions, mais jamais la bonne direction n’est prise. La République se défend de frapper là où il faudrait effectivement frapper.

La République, c’est la vertu !

Il est vrai que maintenant une critique sérieuse devient vraiment audible entre l’excellente Radio Courtoisie, TV Libertés, CNews et autres médias dits alternatifs. À la grande fureur de la gauche médiatique qui occupe tout le terrain de l’audiovisuel public payé par nos soins et un large spectre du domaine culturel.
Il est réjouissant de voir ces gens-là qui passent leur temps à faire la leçon et à dresser des réquisitoires, se faire épingler dans leurs propres turpitudes au cours d’une commission parlementaire – qui sera, n’en doutons pas, malgré son excellente tenue, sans effet aucun comme toutes les autres commissions parlementaires qui auraient dû toutes se terminer par des mises en examen des responsables politiques et administratifs. Eh bien, non. La République, c’est connu depuis Montesquieu, c’est la vertu. Et quel sang n’a-t-on pas versé, n’a-t-on pas fait couler pour la vertu !

Les Républicains, toute la bande des socialos-gauchos qui fricotent avec Lecornu n’ont pas de souci à se faire. Ils ne font, d’ailleurs, aucun retour sur eux-mêmes.
Ils sont la vertu, la République en personne ! Il faut voir Faure, Vallaud et toute la bande avec dossier à la main se rendre à Matignon pour comprendre à quel degré de grotesque républicain et d’abjection vertueuse le régime est descendu. Et voilà pourquoi la France est bloquée. Quant au président, il la regarde de haut, de son jet où il passe son temps, voyant de sa plateforme « tant de gens qui ne sont rien », selon son expression, comme Hollande s’émouvait au spectacle de ceux qu’il nommait « les sans-dents ». Tel est le socialisme français dans toute sa richesse d’expression qui manifeste l’effroyable mépris qui anime ces gens-là.

La Commission mixte paritaire s’étant révélée inutile le vendredi 19 décembre, comme prévu, Lecornu va renouer le dialogue, paraît-il. Tout ça pour reprendre en janvier l’impossible écheveau des finances publiques auxquelles les trois quarts des parlementaires ne comprennent goutte pour ne pas dire plus. Tout ça n’a aucun sens. Une loi spéciale, avalisée par le président, le lundi 22 décembre, le temps de mettre le pied à l’Elysée entre deux vols, va permettre de poursuivre l’activité de l’État par le prélèvement de l’impôt et le règlement des dépenses nécessaires, comme déjà l’an passé, et dans l’attente d’un budget possible, mais de toute façon traficoté. En attendant, tout le reste est figé : investissement, projets, mises à jour. La France dut-elle en crever, la République passe d’abord.

 

 


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