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L’emmerdeur

À Villers-Cotterets, siège de la Cité internationale de la langue française, Emmanuel Macron a souhaité le 16 avril qu’il y ait « une fois par mois, une journée sans connexion, pour se réhabituer à prendre le temps, montrer que c’est possible : une journée où l’on va lire, écrire, faire de la bande dessinée, du théâtre, passer du temps avec les autres… »

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L’emmerdeur

Passons sur cette idée idiote qui voudrait qu’on puisse « faire » de la bande dessinée une fois par mois, ou « faire » du théâtre une fois par mois (Emmanuel, qui a commencé très jeune, sait bien à quel point seule une pratique intense permet de devenir histrion), et revenons à cette idée encore plus idiote qu’une seule journée suffirait à déconnecter, comme un ivrogne qui n’arrêterait de boire qu’une fois par mois ou une Sandrine Rousseau qui ne divaguerait pas une fois par mois : le président croit-il vraiment que l’ivrogne se déprendrait de son vice, ou Sandrine de ses vaticinations ?

Non, il ne le croit pas. L’essentiel était de proposer, devant de jeunes âmes que le gouvernement incite à utiliser en permanence les écrans, une mesure prétendument salvatrice, simple et facile, comme toutes les mesures mises en avant par Emmanuel Macron et ses équipes, qui de choc de ceci en choc de cela, de format Saint-Denis en méthode Notre-Dame, ne cessent de s’agiter – sans nous accorder un seul jour de répit – pour n’obtenir que les résultats les plus médiocres tout en défendant un bilan exceptionnel.

Emmanuel Macron se promène un peu partout

Quand il n’est pas à la Cité internationale de la langue française, Emmanuel Macron se promène un peu partout, Grèce et Andorre, Japon et Ariège, et partout il offense la langue française en baragouinant un anglais basique ou en mettant en scène de faux énervements sur un mode pompidolien, en Ariège, justement : « C’est un truc qui me rend dingue. C’est vraiment la folie du système français. Les Padhue [praticiens diplômés en dehors de l’Union européenne], ce sont des gens remarquables, qui bossent, qui font de la médecine [« faire » de la médecine !…], ils sont à l’hôpital, et le jour où il faut les titulariser, les mecs disent on repart tout de zéro, il faut passer un concours pour emmerder le monde ». Il connaît ses classiques républicains, Emmanuel, il sait la faveur dont jouit le mot de Pompidou, il se dit qu’il peut le singer et montrer qu’il est proche du peuple, lui qui a inventé l’auto-attestation covidique et médite de monter une machine à gaz numérique pour empêcher quiconque de se connecter tranquillement à Internet. Mais comme il ne « fait » du théâtre qu’en amateur, il ne sait pas s’arrêter, il appuie ses effets en bissant la formule : « Dans la tête de tout le monde il faut faire de la régulation médicale par l’offre, donc plus on emmerde les gens longtemps, mieux c’est, car ça nous coûtera moins cher, ce qui est une folie, c’est l’inverse ».

Passons sur l’idée étrange que « Dans la tête de tout le monde il faut faire de la régulation médicale par l’offre » : pas plus dans ma tête que dans les vôtres il n’y a aucune formule aussi barbare et technocratique, et arrêtons-nous sur cet aveu « plus on emmerde les gens, mieux c’est », où Macron laisse parler son cœur. Oui, car c’est lui qui a dit en janvier 2022, aux lecteurs du Parisien, « Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. » Jusqu’au bout ; jusqu’à la fin de ces déplorables quinquennats ; lois inutiles après lois iniques, déclarations pitoyables après indignations contrôlées, lunettes grotesques après claques publiques. Sans répit.

Pas de la politique, c’est vulgaire, des valeurs, c’est noble

Jusqu’où ? Jusques à quand ? Dans son style faux-faubourien à usage des petits, Macron a déclaré ces derniers jours aux élèves de l’école franco-chypriote de Nicosie « J’ai pas fait [faire !…] de politique avant et j’en ferai pas après ». D’aucuns ont conclu qu’il comptait arrêter la politique après avoir quitté l’Élysée : complète erreur. « Mais c’était, c’est toujours pour faire des choses que je crois pas simplement utiles. C’est me battre pour que mon pays et notre Europe avancent et puis défendre des valeurs auxquelles je crois donc c’est une affaire de passion » conclut l’orateur à la bouche d’or. Pas de la politique, c’est vulgaire, des valeurs, c’est noble. Il va continuer. L’Europe, après la France. Il va nous emmerder. « Jusqu’au bout ».

 


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