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Un 15 août dans la douleur

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Un 15 août dans la douleur

Le Samedi 15 août 2015, fête dédiée à la Vierge, 76 diocèses de France, plus de mille églises, 35 abbayes et monastères ont fait sonner les cloches et réuni les fidèles sur leurs parvis en signe de solidarité envers les chrétiens d’Orient persécutés. On notera aussi que 18 pays se sont associés à cette initiative avec une large participation des protestants, évangélistes et orthodoxes. Ce fait de battre le tocsin pour alerter les consciences a été salué majoritairement et même a parfois été considéré par certains comme un signe d’un renouveau chrétien. Oui et non ! La France compte 93 diocèses, alors, que sont devenus les absents ?

Certains pourront rétorquer que leur environnement politique pourrait ne pas être favorable à cet appel symbolique. Cet argument est fallacieux ! Pour rappel, en début avril, 250 affiches annonçaient sur les murs du métro parisien, un concert du groupe  » Les Prêtres  » (prêtres catholiques auteurs d’albums à succès) en juin à l’Olympia. La RATP avait, au nom de la laïcité, décidé de retirer le bandeau signalant que ce concert était organisé « au bénéfice des chrétiens d’Orient »

Suite à cette décision, au-delà de la réaction de membres de l’opposition, de grandes voix gouvernementales et progressistes se sont élevées. On citera tout d’abord Joël Giraud, député des Hautes-Alpes, apparenté au groupe socialiste et membre de la commission des Finances, Jean-Vincent Placé, sénateur et leader d’EELV (Mouvement des Verts écologistes), le patron des socialistes, Jean-Christophe Cambadélis, le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, plus encore le Parti communiste Français ! On devra aussi citer le texte du député européen du Front de gauche, monsieur Jean-Luc Mélenchon, qui avait été saisi du problème par un ami très cher, chrétien, engagé au Parti de Gauche. Il avait terminé son message par cette phrase : « A mes camarades chrétiens et juifs croyants dont c’est la Pâques : bonnes fêtes de Pâques ! »

Au final, frappant justement du poing sur la table, Le Premier Ministre, Manuel Valls avait déclaré le 6 avril : Stop aux débats stériles ! Soutenons les Chrétiens d’Orient, victimes de la terreur obscurantiste. La RATP doit assumer ses responsabilités.

Par ailleurs, François Baroin, de famille franc maçonne, président de l’Association des Maires de France (AMF), a demandé à ce que les élus locaux prennent contact avec les autorités ecclésiastiques de leur région.

Donc, les diocèses manquant à l’appel ne peuvent argumenter une crainte quelconque susceptible de froisser des tendances politiques dites de gauche, favorables à la laïcité. Alors quoi ? La présence dans leur diocèse d’une population importante de confession musulmane ? Ces derniers, conscients et parfois horrifiés par les évènements tragiques de ces dernières années, ne semblent pas vouloir émettre un avis défavorable à cet élan de solidarité. Alors pourquoi dix-sept évêques se sont abstenus ? Ont-ils décidé de soutenir cette cause par d’autres moyens ? Peut-être. Mais rien n’empêchait leur participation à cette manifestation symbolique. Dans ces paroisses concernées, les fidèles, croyants, pratiquants ou non, sont en droit de demander à leur Pasteur respectif, les raisons pour lesquelles leurs campaniles sont restés muets, laissant nos frères dans le Christ, souffrir et mourir en silence sur les Golgothas du Proche Orient.

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