Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Pourquoi l’échec du Roi ?

Voilà un bien beau roman, extrêmement agréable à lire. Car il est fort bien écrit, dans une langue parfaite de clarté, avec des moments voulus de langage bien daté. L’histoire n’est pourtant ni drôle ni croustillante.

Facebook Twitter Email Imprimer

Pourquoi l’échec du Roi ?

Le roman est qualifié d’historique, et en effet, il l’est. C’est une page d’histoire, c’est même replacé dans son cadre un siècle d’histoire : les journées de juillet 1830, plus largement l’échec de la monarchie et des monarchistes français tout au long du XIXe siècle, de Charles X au comte de Chambord. Et c’est vu, non de Paris, ni de la Cour, ni du petit monde d’aristocrates du boulevard Saint-Germain, mais d’un village de province, près de Rambouillet, avec sa société connue, le château, la famille du châtelain, les domestiques, les paysans, la bourgeoisie locale, le curé évidemment et l’ancien prêtre jureur, bref, la France telle qu’elle était partagée, fidèle au roi, orléaniste, républicaine, voire révolutionnaire, mais pas comme à Paris. Sauf qu’il y fait aussi chaud en ces journées torrides de juillet 1830.

Le héros est le jeune noble, fils du châtelain, qui rêve de servir le roi au moment précis où le roi renonce à tous ses droits. Quelle est cette malédiction qui pèse sur cette famille royale pour, malgré d’évidentes qualités d’âme, manquer à ce point de jugement sur les occasions qui se présentent et d’esprit de décision quand il s’agit de sauver la dynastie ? De même pour les royalistes, à quelques exceptions près, mais qui relèvent plus du courage personnel, comme dans le roman, que d’un plan bien établi ou d’une doctrine politique puisée dans l’expérience. Quelle incroyable inertie alors que la situation pourrait se retourner ! Quel fatalisme ! Notre auteur s’est fait une spécialité de cette question dont témoigne sa bibliographie, en particulier son essai sur La fin du parti royaliste 1886-1893, mais aussi bien ses romans et nouvelles. Oui, un roman passionnant qu’irrigue à chaque instant la grande histoire nationale et la petite histoire locale fort bien documentée elle aussi.

 

Marc Desaubliaux, Coup de chaleur à Francheterre, Juillet 1830, L’Harmattan, 242 p., 23 €

 

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés