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Madame pense que….

La tranche d’âge dans les paroisses est à l’église ce qu’est la couleur de peau pour les gauchistes, à savoir une obsession.

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Madame pense que….

Entre le groupe des jeunes pros, la chorale des jeunes pros, le groupe des étudiants, la chorale des étudiants, le groupe de prières de l’aumônerie, la messe des familles, le groupe des pères, celui des mères, le partage d’évangile des retraités, le goûter des personnes isolées, le samedi des handicapés, les dîners des migrants, la veillée des jeunes influenceurs et celle des influenceurs aguerris, la promenade des divorcés-remariés, le repas tiré du sac des bénévoles, la promenade des laudatosistes de 15h, la causerie des jeunes fiancés, l’accompagnement des jeunes mariés, le week-end des sportifs cathos, la soirée des célibataires de 30 ans, l’apéro des chômeurs de plus de 55 ans, le déjeuner des jeunes parents, malheureux es-tu, Ô Toi qui ne te retrouves nulle part.

Ni assez malade, ni plus trop célibataire

Toi l’oublié qui après avoir égrené les quinze pages de propositions paroissiales n’a le choix qu’entre le groupe du chapelet du samedi et le groupe de prières de dix personnes dans une salle improbable que personne ne connaît.
Toi qui portes sur tes épaules ce lourd fardeau hors catégorie d’aimer le bon Dieu mais de n’être plus ni jeune professionnel, ni jeune marié, ni retraité, ni consacré, ni en discernement, ni suffisamment isolé, ni assez malade, ni plus trop célibataire,
Toi le quadragénaire ou quinquagénaire qui bosse, qui prie, a élevé tes enfants, ou n’en a pas, donnes au denier du culte, fais du bénévolat, vas au pèlerinage de la paroisse et tiens les stands de la kermesse alors que tu aurais juste envie de boire un coup,
Toi qui pourtant te sens fringuant, dynamique, accompli, joyeux, aimable, mais entres dans le long tunnel des oubliés, des lambdas, ceux qui ne figurent jamais dans les intentions de prières, mais qu’on appelle toujours pour arranger les fleurs, animer les messes, nettoyer les salles ou assurer le service d’ordre.
Toi qui redoutes ce moment critique où la limite d’âge ou le statut requis te conduisent à regarder frénétiquement ta carte d’identité ou ton livret de famille pour vérifier que tu coches les bonnes cases.
Toi qui connais cette angoisse qui monte quand tu cherches un groupe pour ton catéchumène ou ton néophyte auquel se raccrocher pour qu’il s’ancre dans la paroisse et que tu te vois lui dire « c’est ballot, Robert, t’es trop vieux mais peut-être es-tu divorcé, ah non ? bon ben tant pis on se voit dimanche à la messe ».

Le hors catégorie veut aussi cheminer

Sache que ce billet est pour toi, et que Madame s’insurge contre cette iniquité. Car oui, messieurs les curés, quitte à être progressistes, à prêcher la fraternité et le vivre ensemble, soyons inclusifs.
Madame pense que oui, le paroissien qui se lève tôt est légitime à revendiquer sa place au Ciel, son droit à ce qu’on prie pour le salut de son âme, à exprimer haut et fort son désir de partager sa salade de riz et sa quiche en écoutant un topo, son souhait de pouvoir pousser la chansonnette dans la chorale.
Disons-le tout net : le hors catégorie veut aussi cheminer, discerner, grandir dans la foi et boire son punch dans un verre en plastique comme tout le monde, et ne pas osciller entre le pass culture et la carte vermeil, en attendant de trouver sa place.
Alors vive les obsessions, mais n’oublions pas le cri silencieux des @paroisseonexiste, et pas que pour rendre des services.
Stat crux dum volvitur orbis.

 


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