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Livres. Portraits de peintres

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Livres. Portraits de peintres

Les Éditions de Paris ont l’heureuse idée, à l’occasion d’expositions, de rééditer de petits chefs-d’œuvre de biographies vivantes. À lire.

Corot

Corot (1796-1875), peintre et graveur français, devint en 1822 un disciple de Michallon qui lui inculqua les principes du néoclassicisme ; il poursuivra sa formation avec Jean Victor Bertin qui lui enseignera la science des compositions néoclassiques et des paysages historiques. Il s’intéressa aussi à l’architecture comme le montre La Cathédrale de Chartres (1830). Ses toiles se présentent comme des compositions à caractère historique, mythologique ou religieux, selon l’idéal néoclasique. À partir de 1850, c’est le thème du « souvenir » qui devient prépondérant dans son œuvre, mêlant les réminiscences d’un site et les émotions associées à sa mémoire : se succèdent alors Matinée, Danse des nymphes, Souvenir de Marcoussis, Souvenir de Mortefontaine. S’ajoutent également de nombreux portraits tout le long de sa carrière : son autoportrait, Corot à son chevalet (1825), Le petit berger (1840), La femme à la perle (1864). Même si ses recherches sur la lumière et sa prédilection pour le paysage saisi sur le vif anticipent l’impressionisme, il restera toute sa vie fidèle à la tradition néoclassique dans laquelle il fut formé. S’il s’en est écarté vers la fin de sa carrière, c’est de manière fluide et pour s’abandonner à l’imagination et à la sensibilité dans des souvenirs qui annoncent davantage le symbolisme. Elie Faure (1873-1937) dans sa monographie, rééditée par les Éditions de Paris, s’attarde sur les qualités de l’homme qui explique l’artiste « accueillant l’univers avec amour, et sans choisir, mais le retenant pour le filtrer dans une intelligence toujours active, aussi sensuelle que volontaire ».

Rubens

Pierre-Paul Rubens (1577-1640), peintre prolifique, dont Emile Verhaeren a tracé un puissant portrait ! Empruntant le clair-obscur au Caravage qui caractérisera ses premières toiles, son style évoluera à partir de 1608 vers la clarté. Tous les genres qu’un peintre peut aborder furent traités : religieux, historiques, mythologiques ; portraits aussi bien que paysages ; mais ce sont ses chefs-d’œuvre L’érection de la Croix, La descente de Croix qui contribuèrent à faire de lui un peintre flamand de tout premier ordre. Peintre acquérant une renommée européenne, donc universelle, il sera également diplomate. De 1627 à 1630, pour avoir fait aboutir un traité de paix entre l’Espagne et l’Angleterre, il sera fait chevalier par Philippe IV d’Espagne et Charles 1er d’Angleterre. Mais ni le succès, ni les louanges ne lui feront oublier qu’il est peintre avant tout, peintre de la vie et du bonheur de vivre que symbolise à merveille La Kermesse qui rayonne d’énergie et de folie. Réédité par les Editions de Paris, ce petit fascicule d’Emile Verhaeren (1855-1916) est un précieux condensé de ce que furent la vie et l’esthétique du grand maître Rubens.

Corot, Élie Faure, Editions de Paris, 86 p, 13 €
Pierre-Paul Rubens, Emile Verhaeren, Editions de Paris, 76 p, 13 €

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