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LE SERVITEUR SOUFFRANT

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LE SERVITEUR SOUFFRANT

Philippe Prévost est un historien. Il a écrit sur le Canada ; il est connu pour ses études sur le Ralliement et la condamnation de l’Action française. Ses travaux font autorité. Dans ce dernier ouvrage, il se livre plutôt à la philosophie de l’histoire. C’est une méditation dont il dégage une sorte de ligne mystique qui amène à des comparaisons avec l’œuvre de René Girard. La vengeance est au cœur de l’homme et la vengeance appelle la compensation, telle est la grande constante de l’histoire naturelle de l’homme, des hommes et des peuples. L’humiliation exige la vengeance, la vengeance exige l’humiliation. Cela commence chez les Grecs, mais aussi bien chez les Hébreux : histoire et littérature s’y accrochent comme à l’expression même du cœur humain. Mais voilà que survient le fait historique du Christ qui rompt le premier avec le cycle infernal des catastrophes, en promouvant par lui-même l’humiliation comme remède à l’humiliation. L’histoire en est marquée à jamais ; toutefois elle continue jusque dans la société moderne avec son vieux moteur à deux temps… Sauf qu’il est possible de transcender. Les pays chrétiens n’échappent pas à l’implacable nécessité… à preuve l’histoire de l’Eglise et des religions. Mais il faut sortir de la conception charnelle d’un Dieu qui ne privilégierait qu’un seul peuple. L’étude est vaste, intéressante ; on restera réservé sur certains points de vue, en particulier une exégèse réductrice de l’Ancien Testament.

Philippe Prévost, L’humiliation de l’Histoire, analyse d’un sentiment moteur de l’action des hommes. C.E.C., 2018, 300 p., 20 €

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