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Le salon d’Édouard Lalo

Le label italien NovAntiqua s’est donné pour mission d’élargir la disponibilité d’interprétations sur instruments d’époque à tout le répertoire du XIXe siècle. Consacré à la musique pour violon et piano d’Edouard Lalo, sa récente publication annonce donc fièrement sur sa couverture : « on period instruments ». Une première, donc.

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Le salon d’Édouard Lalo

Sandro d’Onofrio joue un piano Erard de 1844 et Julia Didier un violon Marconcini de 1778, monté avec des cordes en boyaux, avec un archet James Tubbs de 1880. L’utilisation d’un instrument semblable à celui utilisé par Lalo lui-même eût été plus « historiquement informé »… Pour ajouter à cette soi-disant sonorité authentique, la prise de son ne nous épargne aucun bruit parasite, craquement ou grincement…

Si la Symphonie espagnole et Le roi d’Ys figurent encore de temps à autre à l’affiche, nous ne pouvons que nous réjouir de voir rassemblés sur ce disque les « morceaux de genre » destinés aux salons que le jeune compositeur commit dans les années 1850. Sous la grâce et l’élégance de son style perce cette « haine du banal » qui impressionna tant Debussy. Malgré son caractère alimentaire, il importe de réévaluer cette production. Raffinement harmonique et invention rythmique confèrent à ses partitions une aura très personnelle.

Parallèlement à l’inflation opératique existaient alors de nombreuses sociétés de musique de chambre. Elles amorcèrent le renouveau de la musique française qui s’épanouit après 1870, notamment avec la Société Nationale de Musique, à la fondation de laquelle Lalo participa. Tout comme Franck, Castillon ou Saint-Saëns, il œuvra au sein de ces groupements, à la fois comme altiste du Quatuor Armingaud et comme compositeur, livrant trios avec piano, quatuor, quintette, etc.

Sous le titre de Fantaisie originale op. 1 (1848) se dissimule en fait une brève sonate assez libre structurée par des éléments cycliques (comme chez Beethoven) et vivifiée par une verve très hispanisante. Les Deux Impromptus op. 4, respectivement Espérance et Insouciance, semblent tout droit émaner du Moniteur des Demoiselles, journal des dilettantes distinguées de la bourgeoisie. Pastorale et Scherzo alla Pulcinella op. 8, lorgnant vers la tradition théâtrale italienne, se situent à un niveau plus relevé. La gracieuse Sérénade op. 14 se voit ici amputée de la Danse villageoise qui la précède sans qu’une explication ne nous soit fournie dans le plus que maigrichon livret accompagnant le digipack. Le très réussi triptyque des Soirées parisiennes op. 18 doit beaucoup à la partie pianistique signée par le tchèque Charles Wehle. Il comprend une romantique Ballade, un Menuet endiablé aux accents anticipant les polkas de Johann Strauss et une Idylle sereine et apaisée. L’année de son premier mariage, Lalo trouve à nouveau son inspiration dans la commedia dell’arte avec l’esquisse intitulée Arlequin. Elle badine et bondit comme il se doit, plusieurs traits évoquant même un certain Offenbach ! Avec la pétillante Guitare op. 28 se clôt en 1880 la série des pièces de salon d’Edouard Lalo.

L’interprétation de Julia Didier et Sandro d’Onofrio se complait curieusement dans un confortable alanguissement. Cherchent-ils par là à refléter la supposée mièvrerie des salons de bonnes familles ? Leur jeu appliqué demeure trop scolaire, leurs tempi sages ne nous transportent guère. La poésie surannée de la Fantaisie originale peut séduire, mais Pulcinella devient geignard et pesant, et Arlequin se traine de fatigue.

Une autre firme italienne, Dynamics, avait réuni la plupart de ces pièces sur un CD enregistré voici plus de vingt ans, y ajoutant la Sonate op. 12. Le duo formé par Luigi Alberto Bianchi et Dubra Kovacevic apparait immédiatement d’une autre envergure. Leur vision tout à tour sensible ou brillante, voire héroïque, exalte avec conviction le panache et la nervosité rythmique du pionnier que fut Lalo.

 

À écouter :

Edouard Lalo, Soirées parisiennes, Julia Didier, violon, Sandro d’Onofrio, piano,  1 CD Novantiqua NAB3. 2026.

Edouard Lalo, Works for violon and piano, Luigi Alberto Bianchi, Dubra Kovacevic,  1 CD Dynamics CDS 356. 2002.

 


Au pays de Joseph Canteloube

Joseph Canteloube a été célébré dans le site impressionnant des Carrières de Bagnac-sur-Célé (Lot) le 25 juillet à 19h00. La soirée festive s’est déroulée dans un espace en plein air spécialement aménagé pour l’occasion. Des Chants d’Auvergne que cet enfant du pays collecta sa vie durant ont été interprétés en ouverture par le groupe vocal Còrs d’hòmes.

Invité d’honneur, le MiraBell Brass Quintett a enchaîné avec un programme qui a emporté tous les suffrages, allant des grands classiques européens jusqu’au ragtime et à la bossa nova du Nouveau monde : Gluck (Orphée et Eurydice), Grieg (Suite), Scheidt (Battle Suite), Canteloube (Quarts du Soir), Crespo (Americana), etc.

Le quintette est mené de main de maître par la jeune virtuose Aurore Prieur (photo). Elle a collaboré avec des orchestres prestigieux comme ceux de l’Opéra de Paris, l’Orchestre de Paris et l’Orchestre national du Capitole de Toulouse. Elle est aujourd’hui trompette solo de l’Orchestre de l’Opéra national de Nancy-Lorraine.

 

 


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