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Farce covidique

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Farce covidique

Il était une fois Ducron, pèrubu de la République, et Olivier Virus, sinistre de la Sanitocratie, et Tartarin Blaguier, médicastre, et Aucassin, amoureux de Nicolette, qui est amoureuse d’Aucassin, et donc rien ne va dans ce monde qui n’est pas le meilleur parce que dans la République de Ducron, il n’est pas question que les jeunes gens s’aiment sans que l’État n’y mette la main, comme il l’a déjà mise partout ailleurs. Éric Letty nous offre une pièce vive, drôle, caustique, enlevée comme une farce d’un Molière qui aurait lu Jarry et médité Les Morticoles (et sans doute L’idée fixe du savant Cosinus). Or donc, avec l’aide d’un journaliste de TéléVéracité et de ses sinistres, ectoplasmes télévisuels, Ducron met tout en œuvre pour séparer les amoureux, avec la gentillesse de celui qui a asservi tout le peuple avec ses passanitaire et pasvaxinal et la douceur de celui qui pense que tous les autres sont des crétins. Au hasard des dialogues, on comprend ce que l’auteur pense de la gestion de la pandémie, depuis les fanfaronnades initiales jusqu’aux dernières mesures liberticides, et des médias, récitant complaisamment les fiches des ministères. Mais jamais le discours politique ne prend le pas sur le rythme de la pièce, et pas une seule longue tirade ne prétend enseigner les spectateurs comme un Salomon (ici appelé Monsalo) prêchant longuement la peur. Comme on est au théâtre, tout se termine bien, ce qui est assez réconfortant et pourrait même donner des idées. À prescrire !

 Eric Letty, QR Codes & Bancs publics. 2022, 208 p., 12 €. À La Nouvelle Librairie et sur Amazon.

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On peut déclarer son amour à une femme, à un homme, à son enfant, ou encore à son père, comme fait Mathias Malzieu dans Le guerrier de porcelaine (éd. Albin Michel), mais on peut aussi s’éprendre d’un personnage inventé, qu’on invente afin de pouvoir l’aimer, d’en faire son ami, ainsi que l’ose Bernard Quiriny dans Portrait du baron d’Handrax (éd. Rivages), et c’est la plus étonnante des déclarations d’amour à première vue, puis moins en y regardant de plus près. Parce qu’en fait, on touche là un des grands secrets de la création littéraire, dont le principe est l’amour.

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