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Et si on changeait le monde ?

Les frères Guillebon regrettent que la génération de La Manif Pour Tous ait échoué, « draguée et récupérée par les médias de la droite profonde » qui a dénaturé la charité universelle en intérêt national.

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Et si on changeait le monde ?

Ils vont alors chercher les prophètes sans armes qui ont su, au XXe siècle, s’opposer au capital et à la guerre. On peut ne pas suivre les auteurs dans leur analyse initiale, mais on sera intrigué et parfois passionné par la collection de pacifistes radicaux qu’ils ont réunis dans leur livre, insistant d’ailleurs sur le caractère chrétien de tous, même Gandhi, élevé dans l’empire britannique et demeuré hindou par pure nationalisme. Grâce à eux, on redécouvre Martin Luther King et Desmond Tutu, accolés aux résistants allemands de la Rose blanche et à Simone Weil. Les biographies sont courtes, une vingtaine de pages à chaque fois, partiales, mais c’est assumé, et militantes : il s’agit de proposer des modèles, d’inciter à l’action. On aimera le bon conseil de Daniel Berrigan, jésuite américain qui tint en échec des années durant le FBI : « commencez par l’impossible, continuez calmement vers l’improbable. Ne vous troublez pas, il y a toujours au moins cinq sorties possibles. » Il fut quand même, attrapé, jugé, emprisonné puis libéré, ce qui lui permit, après avoir lutté contre la guerre du Vietnam en détruisant les formulaires d’enrôlement, de se lancer contre l’arme atomique et pour la paix en Irlande, entre autres causes. Sa vie est un roman, celle de son frère aussi, et bondissant de Tolstoï en Tutu et de Gandhi à Sophie Scholl, on se prend à penser qu’après tout, c’est vrai, il suffit de commencer par l’impossible.

 

Baudouin et Jacques de Guillebon, Prophètes sans armes. Desclée de Brouwer, 2026, 208 p., 18,90 €

 


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