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Un épiscopat paternel et bienveillant

Mgr Jean-Clément Jeanbart, archevêque grec-catholique d’Alep, a retrouvé le Père, le 9 mai dernier, à Paris, après une vie entière passée au service de Dieu et de ses créatures. Né en 1943 dans sa chère ville d’Alep, il aura traversé la deuxième partie du XXe siècle comme une incarnation parfaite des liens essentiels qui unissent l’Europe aux chrétientés orientales.

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Un épiscopat paternel et bienveillant

En 2016, lors de la Nuit des Témoins, organisée annuellement par l’Aide à l’église en détresse, il affirmait : « Nous avons besoin que vous nous aidiez à vivre chez nous ». Sur le site internet de SOS chrétiens d’Orient, on trouve en exergue un autre propos de la même veine : « Ce qui m’empêche de dormir, c’est l’exode. » Archevêque depuis 1995, il multipliait les projets de développement économique, de logement, de soutien aux étudiants, en poursuivant toujours le même dessein : maintenir les chrétiens en Syrie et notamment au cœur de son diocèse.

Il était donc naturel que sa route croise celle de notre association. Une rencontre qui inaugura des années de coopération joviale, confiante, créative. En un mot, de belle amitié chrétienne. Je ne sais pas si nous fîmes des prouesses, mais je suis certain que nous allions à Alep le cœur paradoxalement léger malgré l’enfer qui régnait alors au cœur de la ville, au point d’y installer une antenne complète et même un centre culturel aux initiatives foisonnantes, dont les activités n’ont jamais cessé.

« Il faisait si froid que les prêtres, l’archevêque et moi avions gardé  nos couvre-chefs à table. »

Benjamin Blanchard, notre directeur général, a notamment entretenu des liens précieux avec Mgr Jeanbart. Dans l’hommage qu’il lui a rendu le jour de sa disparition, on lit notamment : « Je perds un ami cher. Je me souviendrai toujours de son accueil lorsque nous lui avions rendu visite pour la première fois, avec Charlotte d’Ornellas et Pierre Merjaneh, le 31 décembre 2014, dans son archevêché du XVIIIe siècle magnifiquement restauré mais alors situé quasiment sur la ligne de front et recevant régulièrement des obus. En juillet 2015, lors d’une nouvelle visite à Alep, après dîner, il avait tenu à nous offrir des glaces en terrasse, à une heure avancée. “Ce n’est pas quelque chose qui se fait pour un évêque, mais puisque vous êtes là, j’ai envie de partager cela avec vous.”  Je me souviendrai d’un déjeuner dans son appartement à l’hiver 2017, après qu’il avait dû quitter l’archevêché détruit par les bombardements. Il faisait si froid que les prêtres, l’archevêque et moi avions gardé  nos couvre-chefs à table, ce qui ne lui avait pas ôté sa bonne humeur. »

Un témoignage que vous pouvez retrouver, avec d’autres souvenirs, dans un entretien avec Richard de Seze, dans l’émission Ligne Droite, sur Radio Courtoisie, le 4 juin 2026. Pour notre jeune association, pas toujours pouponnée par les autorités ecclésiales françaises, il aura incarné un épiscopat paternel, bienveillant, dont la sagacité et l’expérience n’avaient pas besoin des apprêts de la dureté pour s’épanouir dans les conseils et la conversation. Étouffant parfois dans la chaleur d’Alep, l’été, j’attendais avec soulagement le moment où nous visiterions ce pasteur qui n’attendait de notre aide que ce qu’elle pouvait apporter et de nos cœurs une pleine communion avec les souffrances des âmes de son archevêché. Priez pour nous, Monseigneur.

Illustration : L’église Saint-François d’Assise à Alep e, 2025.


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