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Passez de bonnes vacances…

Cette fois, ça y est. Le cri d’alarme est général. Chez les gens avertis. Le feu couve au fond des finances publiques de la France ; les flammes ne vont pas tarder à se déclarer ; elles vont tout ravager. Mais rien n’y fait. Rien ne bouge. Personne ne s’en émeut.

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Passez de bonnes vacances…

Ni au parlement, où à peu près tout le monde s’en fiche à quelques exceptions près, l’essentiel pour les députés se résumant aux élections de l’année prochaine et aux garanties de leurs émoluments. Ni au gouvernement, où la seule préoccupation est de tenir jusqu’à la présidentielle de 2027 et, sur ordre élyséen, de faire passer avant les vacances la loi sur l’euthanasie et le suicide assisté : telle est l’urgence des urgences ! Peut-être pour assurer à Madame une heureuse petite piqûre quand elle ira sur ses quatre-vingts ans ! Quelle sollicitude !

L’OCDE vient de donner son avis sur l’état financier de la France. Si rien n’est fait, cet avis circonstancié prévoit le pire. Et ce qu’il propose comme tentatives de remèdes est dans l’état actuel des choses, impraticable. Et, d’ailleurs, ridicule. Alors ? L’OCDE est d’accord avec la BCE qui est d’accord elle-même avec la Banque de France dans ses services techniques que le Directeur, bien que copain de Macron et désigné comme tel, ne peut que couvrir, et l’homme n’est pas assez fou pour dissimuler la réalité. La Banque de France elle-même sur le sujet est d’accord avec la Cour des comptes qui depuis longtemps met en garde sérieusement sur les dérives des comptes publics, devenus « incontrôlables », selon l’expression consacrée ; et, là aussi, peu importe les copinages éhontés qui polluent depuis des décennies les nominations à la présidence. Il faut bien, une fois que vous êtes assis dans le fauteuil convoité, faire son métier qui consiste à apposer sa signature au bas des rapports précis en forme d’avertissements majeurs et justifier ainsi sa grasse mensualité et ses innombrables avantages. C’est comme ça que ça marche, la République, tout le monde le sait ; ce paquet d’ignominies soulève le cœur, mais ces gens de ce point de vue ont le cœur solide ; et peu leur importe : ce qui compte pour tous ces affidés et profiteurs de la République, entrés dans le système depuis longtemps, c’est de pouvoir continuer leur tâche dans ce cadre tant que la machine du régime roule et que le chauffeur vous attend au bas de l’escalier pour un déjeuner ou un dîner à l’Élysée ou dans un des meilleurs restaurants de Paris. Pour, bien sûr, parler des graves choses de l’État !

Comment ne pas avoir l’âme républicaine dans une vie si consacrée au bien public ? Et comment ne pas vouloir conserver un régime si satisfaisant dans l’esprit de nos petits maîtres et dont le socle moral et juridique est si éprouvé avec tant de beaux principes alignés comme à la parade ? Écoutez-les : ils en parlent si bien dans leurs discours, à la manière de leur maître en la matière, le Macron de service à la présidence de la République, en rappelant comment ils ont œuvré à sa conservation, à son adaptation, et comment ils sont prêts à s’offrir à nouveau – Macron, bien sûr, en premier – en sacrifice pour le sauver des attaques des impies et des incrédules, tous artisans du Mal. L’inquisition républicaine est requise dès à présent ; elle ne doit pas flancher dans sa poursuite implacable de tous ces fauteurs d’hérésies et de contestations insupportables. Il ne faut pas oublier le principe fondamental : la République a par définition toujours raison, surtout quand elle se défend. Et tous les procédés sont alors autorisés, c’est la règle. Et les pauvres gens – ou pire, les imbéciles, ou pire, les complices – qui s’imaginent qu’ils vont la séduire, la conquérir, voire l’améliorer, en seront évidemment une fois de plus pour leurs frais. Sinistre plaisanterie qui fait bien rire notre Gueuse installée dans le trône des rois, tandis qu’elle projette déjà son prochain coup. Vous verrez, oui, vous verrez : à tous les coups, la même chose, avec juges complaisants et médias aux ordres. Le peuple français sera refait. Encore et encore. Oui, ils vont tout faire pour se garder le pouvoir ou le récupérer en se servant de tous les moyens disponibles. Et, pourtant, ils sont tous, oui tous, ridicules, à tous, oui tous, le vouloir, ce pouvoir, comme des enfants immatures au cri de « à moi la place », « à nous les places ». Tout et tout de suite !

Alors que la machine est sur le point d’exploser. Le seul problème véritable pour cette caste au pouvoir, c’est de s’arranger pour que l’explosion n’arrive pas trop tôt. Il est si facile de se persuader. Tout tient dans l’art de retarder le moment, ce qu’ils ont fait jusqu’ici, Macron, Le Maire, Lescure et tous leurs sbires, mais aussi bien de reporter les décisions nécessaires tout en causant sur le sujet ! Il faut le faire ! Et ils le font ! Ça passe encore.

Les vrais experts financiers – indépendants, ça existe encore – le savent bien : maintenant, la situation est intenable. La réalité économique de la France, malgré l’apparence des chiffres, n’est pas bonne ; le pseudo-taux de croissance, l’inflation contenue sont des cache-misère. La France concrètement s’appauvrit ; plus de 40% de sa population en est gravement affecté ; l’industrie continue à s’effondrer ; les meilleures pépites sont rachetées par les Américains avec l’aval de Macron et de son État antinational, toujours en pleine trahison ; son agriculture est bradée, livrée à la concurrence étrangère, européenne ; ses services commencent à être atteints, même les plus grosses entreprises. Là où la France aurait pu emporter des places, tout est fait pour empêcher ou attaquer les intérêts français. Et Le Maire parle de faire une union resserrée avec l’Allemagne, comme Jean Monnet voulait jadis en 1940 fusionner la souveraineté française dans la souveraineté anglaise, en plein mois de juin 1940, avec une loi votée au parlement britannique, alors que les armées anglaises nous avaient lâchés en pleine bataille. De même aujourd’hui nos dirigeants veulent tout remettre à ceux qui restent, en dépit de tout, Anglais, Allemands, nos ennemis héréditaires. De leurs côtés à eux, c’est indubitable ; les Allemands nous le montrent tous les jours. Ils attendent notre écroulement, d’autant plus qu’eux-mêmes ne se portent plus bien.

Tous ces rêves sont insensés. Nos politiques n’ont réfléchi à rien. Et tout s’aggrave du fait contraignant de nos finances publiques.

Car elles ont le terrible inconvénient d’occuper tout l’espace politico-économique. 57 % de la richesse du pays. C’est écrasant. L’État en France s’occupe de tout, pas seulement des services régaliens, mais tout, de la vie à la mort des citoyens, relève de lui, de ses administrations, de ses agences pléthoriques, plus de mille, les trois quarts totalement inutiles, des milliards perdus, sauf pour ceux qui en vivent. Est-il encore utile et même possible de faire la description de cet État-providence qui se croit omniscient, omnipotent et qui à force de prépotence devient impotent et incompétent. Pauvre école, pauvre santé, pauvre Sécurité sociale, pauvre système de retraite, pauvre tout, puisque tout dépend de l’État – même malheureusement l’électricité et le nucléaire qu’il était prêt à brader. C’est-à-dire concrètement, tout en France, en dehors des petites équipes de bons techniciens et d’ingénieurs qui font le travail, est aux ordres d’une bande d’incapables, politiciens ou administrateurs, tous liés par des affiliations de partis, de castes, de loges et de multiples groupes de pression. Voilà notre République !

En gros, ça donne un déficit public chaque année entre 5 et 6 % du PIB, probablement plus si les comptes étaient justes puisque chaque année il y a un problème ; une dette qui va s’établir avant la fin de l’année à près de 3700 milliards, évidemment irremboursables ; mais les messieurs de Bercy jusqu’à aujourd’hui vous expliquaient sentencieusement qu’il ne servait à rien de chercher à la rembourser. Soit, mais la charge de la dette va passer l’an prochain à 75 milliards et – c’est prévisible – bientôt à 100 milliards. Le plus gros budget de l’État, et de loin. Les taux, dont les crétins se félicitaient il y a encore quelques temps qu’ils fussent négatifs – et ils faisaient le V de la victoire ! – ne cessent de monter : 3,5 %, bientôt 4 %, demain 5  %. Après, c’est inchiffrable et tout explose. Le budget de l’État sera écrasé. Faut-il continuer ? Sur les conséquences ?…

L’état des comptes est déjà à cette heure catastrophique, mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la situation va devenir progressivement et définitivement irrémédiable. À la vérité, plus personne n’y peut rien. Aucune réforme n’y changera rien. Et, d’ailleurs, qui peut proposer quoi que ce soit dans l’imbroglio politique, économique et financier actuel, tel que tout sera vain, tout refusé, de toute façon totalement insuffisant et beaucoup trop tardif. Et la société sera dans un tel état de délabrement, avec meurtres quotidiens, règlements de comptes, narcotrafic triomphant, pédocriminalité galopante, qu’aucune institution ne résistera plus à la violence physique et morale.

Les agences de notation qui travaillent pour les fonds de pension américains, comme BlackRock – dont le patron, Fink, est toujours un grand copain de Macron, c’est à resignaler, et ça explique beaucoup de choses –, et qui s’alimentent avec la dette française n’ont pas eu intérêt jusqu’à présent à la dégrader. Car les Américains – les vieux – vivent sur la France grâce à l’art génial de nos technocrates de Bercy. Il y a dix ans, quand Macron était leur ministre, ils s’en félicitaient. Des retraités allemands reçoivent leur pension grâce à la dette française ; cette dette française est tenue en majorité par des étrangers. La France fait vivre ainsi des millions de gens par toutes sortes de subventions, on le sait, dans le Maghreb, dans le Sahel, même en Asie et en Chine, en Europe, en Amérique. Elle paye la submersion migratoire ; elle donne pareillement sans compter aux populations installées chez nous. Et elle fait vivre très bien Macron, tous les siens, et toute la caste des dirigeants. Qui n’aurait envie de crier « Vive la France » ! Et surtout, surtout « Vive la République » !

 

Illustration : Lui aussi, croit encore en son destin, il veut fusionner la France et l’Allemagne, comme jadis Monnet en 1940 la France et l’Angleterre. Sous domination allemande, cela va sans dire, comme autrefois sous domination anglaise. La République ne change pas.

 


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