Civilisation
Tandonnet peint Poniatowski
Maxime Tandonnet nous a quittés brusquement l’an passé. C’était un ami que nous regrettons vivement.
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C’est un superbe roman. Maxime Tandonnet en eût peut-être modifié la fin s’il avait pu le publier lui-même, de son vivant, car il le gardait en réserve. La fin, si j’ose dire, est trop gentille. Mais il est vrai que Maxime, malgré son extrême lucidité, était, quant à lui, bon, certains diront trop bon.
La dérision est une manière de se dégager de cette faiblesse que peut constituer, quand on exerce de hautes responsabilités, une certaine bonté du regard, une indulgence qui peut se sentir presque coupable, devant les horreurs de la bêtise criminelle en quoi consiste l’essentiel de l’action politique, particulièrement de nos jours et dans le cadre de nos institutions. Il y a bien la raison institutionnelle sur laquelle Maxime Tandonnet voulait sans en avoir l’air insister. D’autant plus qu’apparemment les Français n’y peuvent rien ; tout le monde politique, à quelques exceptions près, chante les louanges de nos institutions qui ne sont mauvaises que parce que c’est l’autre qui est à la place où je devrais être, et tout irait bien ainsi.
C’est tellement absurde comme raisonnement que Tandonnet on a fait une sorte de pamphlet, en montrant par anticipation où mèneraient de telles dérives, à force de démagogie, d’ineptie, de crétinerie – voir le nom des administrations, des ministères, la stupidité d’un « wokisme » républicain bon chic bon genre, à la Chirac, à la Sarkozy, à la Hollande, à la Macron. Que ne fait-on pour réussir sa carrière ? Et donner des gages. L’ambition, pas la noble, non, la plus vulgaire, la vilaine, est le principe d’action de ce régime. Impossible d’y résister. La tentation est trop forte. Plus rien ne tient. Et quand cette ambition vous saisit, le cortège des vices qui l’accompagnent nécessairement, de la perversité sexuelle à la drogue en continu, du mensonge institutionnel à la tricherie permanente, vous enserrent de leurs nœuds. Tableau terriblement réaliste. Des pauvres types deviennent des assassins. Lisez le roman. Le plus drôle, c’est que le chef de l’État pour gagner quelques voix à droite, a créé un ministère de l’Ordre moral et le titulaire… patatras. Sous la fiction, il y a du vécu. Le chef de l’État porte le nom de Pitronneau, juste appellation ; c’est un demi-fou qui devient fou. Mélange de personnages historiques dont il est facile de reconnaître les tics – dont le plus fréquent est de traiter tous les autres de « cons » – incroyable orgueil d’un aventurier de la politique parvenu au sommet de l’État, alors qu’il n’est… qu’un pauvre type comme les autres ! Quelle leçon !

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