Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Un amour sublimé

De 1948 à 1951, Henri Matisse se lance dans une curieuse aventure : décorer une chapelle à Vence, attachée à un couvent de dominicaines.

Facebook Twitter Email Imprimer

Un amour sublimé

Vitraux, fresque, chasuble, rien n’échappe à l’œil et à la main du maître, au grand dam des communistes, effrayés de voir Matisse récupéré par la réaction et, pire, le goupillon – au lieu de s’offrir à Staline. Mais Matisse n’en a cure et se jette tout entier dans cette œuvre d’art totale qui prend sa source dans l’amitié qui le lie à Sœur Jacques-Marie, jeune dominicaine qui fut d’abord sa garde-malade. Improbable amitié où le vieux Matisse se réchauffe au sourire d’une jeune fille, elle-même découvrant un monde nouveau – jusqu’à ce que la grâce la happe et que l’amitié la jette dans cette curieuse bataille de l’art contemporain où l’Église tentait, pour la dernière fois, d’être de son temps sans renoncer à sa proposition spécifique. Le frère Philippe Verdin, dominicain lui-même, raconte cette histoire avec verve, avec science, et surtout avec une vraie proximité cordiale. On sent que sœur Jacques-Marie lui plaît, qu’il aurait aimé visiter Matisse à l’hôtel Regina, qu’il a son avis sur mère Anastasie, la supérieure de la petite sœur, qu’il éprouve une sainte mais ironique joie à raconter les mines déconfites de Picasso et Aragon ; qu’il offre une clé de compréhension primordiale à ceux qui visiteront la chapelle de Vence.

 

Philippe Verdin, Le dernier fleurt d’Henri Matisse. Le Cerf, 2023, 220 p., 17 €.

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés

Civilisation

Le romantisme politique comme moteur des idéologies

Le romantisme politique comme moteur des idéologies

Par Aristide Leucate

En France, cela fait des lustres que l’on attendait avec impatience une (nouvelle) traduction de Politische Romantik (Romantisme politique) de Carl Schmitt. Saluons le travail minutieux – un solide appareil de notes venant éclairer et contextualiser les nombreuses références citées par Schmitt – d’Antoine Dresse qui nous donne à (re)lire, dans une retranscription aérienne et limpide, ce texte fondamental du juriste de Plettenberg (dans sa seconde édition de 1925, augmentée d’un avant-propos de l’auteur qui en résume la substance) et fait oublier définitivement la désastreuse, inutile et, heureusement introuvable version partielle de Pierre Linn, publiée en 1928.