Recevez la lettre mensuelle de Politique Magazine

Fermer
Facebook Twitter Youtube

Article consultable sur https://politiquemagazine.fr

Bienvenue dans l’interrègne

Facebook Twitter Email Imprimer

Plus on assiste avec un vague écœurement au délitement lent et poisseux de l’ex-France, plus on doit se résoudre à considérer que, malgré les apparences qui nous laissent croire que nous sommes dirigés, ce vieux pays est en fait en train de traverser une période d’interrègne qui va nous mener on ne sait où.

De fait, nous avons un président qui est le résultat d’un million de clonages d’énarque et dont la popularité a chuté plus vite qu’un footballeur italien sur une patinoire sans que cela ait eu le moindre effet sur quoi que ce soit. à ce niveau-là, le chef de l’état serait un sac de graviers qu’il aurait plus d’impact sur le cours des évènements. à ses côtés se trouve un Premier ministre qui ne sait pas faire autre chose qu’augmenter les impôts et qui obtient les mêmes résultats qu’un vampire essayant désespérément de sucer le sang d’une momie. L’ensemble du gouvernement arrive à se saisir des problèmes comme de poulpes lubrifiés. Bref, il n’y a en fait personne aux manettes.

Historiquement, les périodes d’interrègne ont toujours été très dangereuses. Il n’est pas besoin d’être un fan de Game of Thrones pour comprendre pourquoi. La Ve république repose sur l’autorité d’un individu, chef de l’état. Sans cette autorité, il est parfaitement logique que le régime soit en crise et qu’on ne sache pas ce qui attend son heure pour la remplacer et, éventuellement, nous sauter à la gorge dans les ténèbres. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de mes terreurs nocturnes.

Un grand vide

En matière de politique, la perception est aussi importante que la réalité. La perception qui domine aujourd’hui, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Hexagone, est celle d’un grand vide. Ce que la nature a en horreur – alors que le blogueur adore les clichés. Cette perception de vide entraîne nos ennemis intérieurs et extérieurs à nous tester. Exactement comme un sale gamin essaie de prendre le contrôle de la maison après le départ de super-nanny. Comme le disait Ghandi : « Le premier jour en prison, il est très important de défoncer la tête du type le plus balèze de la taule pour bien montrer à tout le monde qu’on n’est pas du genre à se laisser faire. » Mais la France d’aujourd’hui oserait à peine regarder de travers le type asthmatique qui se fait piquer son dessert par tout le monde. Trop risqué.

Ce qui rend les choses encore plus dangereuses, c’est qu’une fois qu’on a vu qu’on pouvait vous tester sans que cela ait de conséquences négatives, tout le monde va venir uriner dans votre poche. Les discours sous la pluie de Hollande et les petits coups de menton de Valls n’y changeront rien. Ils ne sont que des figurants sans talent, à peine bons à assurer l’entracte. Les clowns avant la révolution, qui pourra prendre toutes les formes imaginables et que personne ne peut prévoir aujourd’hui. Des forces souterraines sont en train de se mettre en marche et de se jauger dans l’obscurité.

Les ombres qui nous gouvernent seront bientôt tentées de montrer qu’elles sont les patronnes au risque de confirmer qu’elles sont faites de la même matière que ces cauchemars qui nous réveillent au milieu de la nuit et qu’un verre d’eau suffit à faire disparaître.

Facebook Twitter Email Imprimer

Abonnez-vous Abonnement Faire un don

Articles liés