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La nouvelle révolte des Bonnets rouges

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La nouvelle révolte des Bonnets rouges

La Bretagne, cette « vieille rebelle » comme disait Victor Hugo, se révolte contre l’actuelle politique économique. Elle détruit, dans sa colère, ces nouveaux instruments fiscaux que sont les portiques permettant la mise en place de l’écotaxe sur les poids lourds. Le 2 Novembre, à Quimper (29), près de 20 000 personnes se sont réunies pour protester contre la dynamique fiscale enclenchée par le gouvernement socialiste. Elles demandaient également la mise en place d’une véritable politique pour l’emploi, l’échec des mesures gouvernementales – et notamment des Contrats de Générations – n’étant plus à démontrer.

Certains ont vu dans l’actuelle révolte bretonne une réminiscence d’esprit belliqueux, comme une nouvelle « révolte des Torreben » (en breton : « Casse lui la tête ») face aux fiscalistes modernes. S’il est vrai que « le trait caractéristique de l’esprit breton reste l’idéalisme » (Ernest Renan) – et donc une intrinsèque aversion pour les promesses non tenues -, il faut néanmoins prendre en compte l’aspect purement économique de la question et, en premier lieu, la prégnance de la filière agroalimentaire dans l’économie bretonne. Profondément touchée par la concurrence internationale, la filière se fragilise jour après jour : les licenciements de masse (GAD, Doux, etc…) n’ont fait qu’éroder, encore davantage, la confiance des bretons en l’avenir. Plus de 3500 emplois ont ainsi été détruit en moins de deux ans et la liste des entreprises bretonnes en difficulté ne cesse d’augmenter…

L’actuel pas de danse de l’exécutif, oscillant entre fermeté et laxisme, ne fait que voiler – bien difficilement d’ailleurs – l’absence de réponse pertinente du gouvernement. L’injection massive d’argent, régulièrement remise sur le tapis des négociations, n’arrangera nullement la crise française : bien plus complexe que ne le conçoit le gouvernement, elle est profondément institutionnelle.

La nouvelle révolte des Bonnets Rouges ne s’inscrit pas comme une fin, mais comme un symptôme de cette crise, une sanction populaire face à l’actuelle inconsistance politique. La dynamique contestataire est lancée. Elle réclame de véritables réformes institutionnelles, mues par un réel souci du Bien Commun. Mais le gouvernement Hollande en est il seulement capable ?

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