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La Manif pour tous débarque à l’UMP

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La Manif pour tous débarque à l’UMP

Le jeudi 19 décembre dernier, Sens Commun se lançait au siège de l’UMP. Sens Commun rassemble des personnes qui ont été acteurs des grands rassemblements de La Manif Pour Tous (LMPT), qui souhaitent s’engager en politique et qui ont fait le choix de le faire au sein d’un parti politique, l’UMP.

Six « jeunes » prometteurs ont ainsi créé Sens Commun. On y retrouve notamment Sébastien Pilard, ancien responsable LMPT du Grand Ouest, Arnaud Bouthéon qui faisait office de dir’cab de Frigide Barjot pendant les 9 mois des manifestations, et Madeleine Bazin de Jessey, co-fondatrice des Veilleurs.

Leur première convention a été un succès : près de 400 personnes (pour une moyenne d’âge inférieure à 30 ans) ont plus que rempli la salle des conventions de l’UMP, forçant même Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, à descendre de son huitième étage pour venir faire un discours improvisé de « bon accueil ».

A la tribune, outre les trois cités ci-dessus, Charles Beigbeder, l’entrepreneur en délicatesse avec NKM pour trouver une place sur les listes électorales UMP de Paris, a fait un discours centré sur la doctrine sociale de l’Église et l’enseignement de l’Église ; Atanase Perifan qui se présente, lui, dans le XXe arrondissement comme tête de liste UMP, est venu apporter son soutien avec la fraicheur de ton et d’esprit que les manifestants de la LMPT lui connaisse bien.

Sébastien Pilard, dans un discours bien balancé, a précisé que Sens Commun était « un choix imparfait mais nécessaire » et que le mouvement
de 2012-2013 appelait un renouvellement politique. Il faut donc, selon lui, prendre les places, peser sur les primaires de l’UMP en 2016 et, si l’écoute de l’UMP n’est pas au rendez-vous, reprendre sa liberté.

And so what ? Et maintenant ? Lavrilleux a été très clair : il entend que Sens Commun fasse gagner les prochaines élections à l’UMP, aux municipales, aux
européennes et aux régionales/Cantonales … Vaste programme !

Si on ne peut nier à ce nouveau mouvement la volonté de s’engager avec le souci de servir, sa jeunesse et son courage (ou sa naïveté ?) de s’investir dans
le marigot politique (au risque de perdre leurs âmes, diront certains), il n’en reste pas moins que leur idéalisme va être très rapidement confronté au réalisme des responsables politiques de l’UMP.

Le sujet n’est pas : doit-on s’engager ou pas en politique ? Là-dessus, tout le monde s’accorde à dire que si la loi Taubira est passée, c’est parce que ceux
qui avaient le souci du bien commun ont déserté le pouvoir et sont restés trop longtemps chez eux, entre eux… La véritable question qui se pose aujourd’hui est plutôt de savoir si un parti politique quel qu’il soit est au service du bien commun. L’histoire nous enseigne qu’il n’en est rien. Chaque fois qu’un projet équivalent à Sens Commun a vu le jour dans le passé (et il y en eut), la belle et noble volonté de servir qui animait le groupe a été détournée au profit des ambitions de quelques-uns dans un but inverse à celui recherché. Terrible constat qui ne doit pas empêcher de travailler hic et nunc. Sens
Commun participe très certainement à ce travail de refondation né de l’éclosion au sein des familles françaises d’une véritable conscience politique. Mais il convient de ne pas oublier les leçons du passé. Le mouvement des Politiques, au moment des Guerres de religions, est un bon exemple de ce que savent faire les hommes et les femmes unis dans un beau projet national. Encore faut-il changer de logiciel de pensée politique…

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