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Elections départementales : le PS dans les choux ? [PM]

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Les élections départementales des 22 et 29 mars vont constituer pour les trois grands partis politiques français (PS, UMP et FN) un test grandeur nature à la veille d’échéances de plus en plus importantes : régionales en décembre 2015, primaires en 2016 et présidentielle en 2017.

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En début d’année, les augures n’étaient pas bons pour le Parti socialiste et ses alliés. Ils promettaient à la gauche une sévère déroute électorale aux départementales de mars et aux régionales du mois de décembre. Mais depuis les attentats contre Charlie Hebdo et avec la « sacro-sainte » unité nationale née de « l’esprit du 11 janvier », les présages lui sont légèrement plus favorables. Un court instant, François Hollande a même remonté dans les sondages entraînant tous ses affidés dans son sillage. Ce regain de popularité, s’il retombe déjà, devrait toutefois permettre d’atténuer l’ampleur de la « bérézina » électorale qui leur était promise.

Falot et sans envergure
Les élections municipales de mars 2014 ont donné le ton. La gauche avait perdu quelques-uns de ses bastions historiques et rassemblé environ 38 % des suffrages, contre 44 % à la droite (UMP, UDI) et environ 7 % au FN. Représentant les collectivités locales, le Sénat a, naturellement, rebasculé à droite. Deux sénateurs FN – une première – sont même entrés au Palais du Luxembourg.

Il est vrai que depuis sa victoire de 2012, la gauche en général et le PS en particulier enchaînent les défaites. Et ce n’est pas le résultat de l’élection législative partielle du 8 février dernier dans le Doubs qui va lui redonner le moral. La victoire d’une courte tête (800 voix d’écart) du candidat socialiste face à celui du Front national, ne ragaillardit pas des militants dépités et déçus par un président falot et sans envergure. Après avoir tout gagné, le déclin semble inéluctable. Comme la droite, au début des années 80, la gauche voit ses bastions tomber un à un.

Départements à sauver
Cependant, si la défaite de la gauche aux cantonales semble programmée, rien ne dit aujourd’hui qu’elle aura l’ampleur espérée par ses adversaires. Merci, Manuel Valls ! Car le charcutage électoral auquel il s’est livré avec son administration entre 2012 et 2014, devrait permettre au PS de limiter les dégâts. De 4 055 avant la réforme de 2013, les cantons ont été ramenés au nombre de 2074. Mais si certains d’entre eux ont doublé leur nombre de communes, d’autres ont été réduits à peau de chagrin. Plus prosaïquement, il y aura 93 conseillers de plus en 2015 qu’en 2011. Parmi ces 93 nouveaux conseillers, beaucoup ont été placés dans des cantons redessinés au profit du PS. Histoire d’éviter la casse…

« Déjà perdu »
L’ironie de cette petite magouille électorale, c’est que les socialistes ont failli être pris à leur propre piège. Car ils ont eu toutes les peines du monde à trouver des candidats. Selon la nouvelle règle électorale, ces derniers ont l’obligation de se présenter en binôme, composé d’un homme et d’une femme. Ils doivent également se doter de suppléants en respectant, là encore, la parité. Il y a donc quatre candidats pour un canton. Parmi les « mauvais élèves » : les fédérations PS du Loir-et-Cher, des Hautes-Alpes, du Loiret ou encore des Vosges, de la Moselle, du Val d’Oise et du Maine-et-Loire.

Certains premiers secrétaires départementaux sont allés jusqu’à faire des lettres de relance auprès des adhérents pour trouver des volontaires. C’est le cas de Jean-Pierre Liouville, patron du PS mosellan : « C’est la première fois que j’envoie une lettre de relance mais il y avait cinq cantons où je n’avais pas de candidats », explique-t-il. Crise de vocations et craintes d’une lourde défaite : la politique désastreuse de François Hollande joue sur le moral des troupes. Même Christophe Borgel, secrétaire national du PS chargé des élections, l’admettait fin décembre : « Il y a une bagarre pour chercher les candidats. Certains militants sont tentés de se dire que c’est déjà perdu ».

70 départements à droite
Au total, ce sont entre 25 et 30 départements qui devraient, selon toute vraisemblance, basculer de gauche à droite (lire encadré). Parmi eux, des bastions historiquement à gauche comme le Cher, la Nièvre, la Charente, le Lot-et-Garonne, l’Ardèche, et, bien entendu, la Corrèze, département que François Hollande a présidé jusqu’au 11 mai 2012. Dans ce conseil général, où Bernadette Chirac se représente comme suppléante de Lilith Pittman, adjointe au maire de Brive en charge de l’action sociale, il n’y a que trois sièges d’écart. La droite part favorite. La perte de ce département constituerait un véritable soufflet pour François Hollande. Un de plus… Bref, au soir du 29 mars, la droite devrait se retrouver avec près de 70 départements dans son escarcelle.

Remaniement
Ce scrutin devrait également confirmer le poids du Front national, devenu, après l’abstention, le premier parti de France. Crédité de près de 30 % des intentions de vote, le FN peut espérer grignoter quelques sièges dans de nombreux départements, même s’il ne peut en conquérir un à lui seul. De fait, les règles électorales de cette élection lui sont moins favorables que celles des municipales. Pour être qualifié au second tour, les candidats doivent recueillir 12,5 % des inscrits (contre 12,5 % des votants aux municipales). Si l’abstention est trop haute, le candidat du FN arrivant en troisième place risque ainsi d’être disqualifié… à cet obstacle, s’ajoute le fait que Marine Le Pen n’est pas parvenue à pourvoir les 2 074 cantons en titulaires et suppléants.

Des absences qui limitent – sinon entravent – sa stratégie de conquête du pouvoir. Car, à l’exception du PS, pour des raisons évidentes, tous s’accordent à reconnaître une portée nationale à cette élection. Or, l’intérêt de la majorité est de minimiser la défaite qui s’annonce en ayant à l’œil les futures élections régionales qui, réforme oblige, ne concerneront plus que 13 régions métropolitaines, lui permettant une nouvelle fois de limiter la casse. Reste qu’au matin du 30 mars le chef de l’état n’échappera pas à un remaniement gouvernemental.

A quelques jours de l’échéance départementale, demeure la question de savoir si les Français savent pour quoi ils votent. Pas sûr. En effet, dans le cadre de la réforme territoriale, en cours de réorganisation, nul ne connaît les futures compétences qui seront attribuées aux assemblées départementales élues le 29 mars ! Là est le vrai fond du problème. Mais qui en est conscient ?

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