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De Lamdaoui aux députés frondeurs

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De Lamdaoui aux députés frondeurs

Si les promesses n’engagent que ceux qui les croient, leur abandon reste toutefois fort dangereux pour un Président, sa légitimité reposant logiquement sur l’assentiment d’une majorité populaire.

Celle de François Hollande relève aujourd’hui de l’illusion : déjà frappée par les scandales à répétition (Cahuzac, Morelle entre autres), son incompétence en politique nationale et internationale aura fait chuter sa crédibilité politique dans les limbes de la République (16% de popularité à l’heure actuelle [1]).

Président impotent, Hollande démontre également ce qu’écrivait André Malraux : « On ne fait pas de la politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. ». L’immoralité de sa politique, que ce soit avec le mariage pour Tous ou encore la promotion de la théorie du Genre, n’a d’égale que l’amoralité d’un grand nombre de ses conseillers. Si le cas Morelle a suffisamment été traité dans la presse, celui de Faouzi Lamdaoui, conseiller sur les questions d’égalité et de diversité, vient quant à lui de faire irruption sur la scène médiatique. L’Express a en effet révélé en ce début de semaine qu’il est soupçonné « d’abus de biens sociaux et de fraudes fiscales », lorsqu’il était « gérant de fait » de deux sociétés parisiennes : Alpha Distributions et Alpha, devenue Cronoservice selon l’hebdomadaire. Il est à noter qu’en 2010 déjà, Alpha Distributions avait été sanctionnée par la Commission des infractions fiscales pour « dissimulation de recettes imposables ».

Un nouveau scandale donc, qui vient en écho des trois récentes démissions dans l’entourage présidentiel : Claude Sérillon, chargé de la communication du Président ; David Kessler, conseiller culture et communication ; Emmanuel Macron, Secrétaire général adjoint en charge des questions économiques. Ces démissions en série ne rendent que plus prégnant la défiance générale envers le Président : même au sein du Parti socialiste, des députés commencent à s’élever contre la politique économique et sociale du gouvernement.

« L’appel des 100 », comme ils se sont nommés, ont ainsi dévoilé, ce lundi, leurs propositions sociales et fiscales, qui divergent de celles du gouvernement sur le budget rectificatif. « Pour plus d’emplois et de Justice Sociale », les députés frondeurs s’élèvent contre la politique du « serrage de ceinture » de l’actuel gouvernement socialiste et pointent du doigt certains dispositifs pourtant phares de l’actuel quinquennat, comme le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) et plus particulièrement l’absence de condition à l’allègement des impôts pour les entreprises.

L’ensemble du bateau gouvernemental prend l’eau, et nul ne semble capable d’endiguer cette gabegie politique. Enfermés dans leur Tour de Babel, nos actuels gouvernants dressent la table aux votes contestataires et incarnent admirablement bien cette maxime du journaliste Louis Latzarus : « La politique est l’art de gouverner la cité : ainsi parlaient les anciens. Mais, hier, un homme d’État a trouvé cette définition incomplète. Il a écrit : La politique, c’est l’art, la volonté, la passion de gouverner.  Ainsi a-t-il mis sur le même rang l’art et la passion du pouvoir, c’est-à-dire la capacité et l’ambition. Au vrai, l’ambition suffit, de nos jours, à un homme politique, et l’on a vu souvent, dans les plus hauts postes, des incapables. »[2]

Photo : Faouzi Lamdaoui


[1] Baromètre mensuel de Juin TNS Sofres-Sofra Group pour Le Figaro Magazine

[2] La Politique, p. 7, Librairie Hachette, 1928.

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