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Trois BD pour la semaine

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Trois BD pour la semaine

Moi Président

Le premier tome Ma vie quotidienne à l’Elysée avait connu un succès mérité. Le deuxième était attendu avec impatience. Le dessinateur Faro (de son vrai nom Christophe Faraud) et Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info, ne déçoivent pas. Tout commence par la réunion du 10 janvier 2013 qui doit décider de l’Opération Serval. Le Président mesure le pour et le contre, tergiverse, soupèse les avantages et les inconvénients. Son indécision légendaire le taraude de nouveau. C’est d’ailleurs l’un des fils rouges de cet opus qui, à la faveur de quelques flash-backs, met en scène le chef de l’Etat en Algérie, pendant son stage de l’Ena ou à la fête de l’Huma… Les auteurs reviennent aussi sur l’affaire Cahuzac, ses liens difficiles avec les Verts, son envie de changer de Premier ministre et l’esquisse de son idylle avec Julie G. Entre atermoiements, hésitations, faux-fuyants, roublardises, et mensonges, c’est un François Hollande hésitant, impuissant, incompétent, qui peine à convaincre et qui fait peine à voir…

Le chef de l’Etat est impopulaire. Il est immobile voire régressif. « Jusqu’ici tout va bien », remarquent les auteurs qui font de cette remarque le titre de leur deuxième opus.

Bien entendu, cette bande-dessinée n’est qu’une fiction mais tellement proche de la réalité qu’on se dit qu’il existe un réel fonds de vérité.

Moi Président – Tome 2 – Faro et Marie-Eve Malouines – Editions Jungle – 64 pages – 12,50 euros.

Napalm Fever

BDNapaml

France. Année 1967. André est un jeune photojournaliste. D’origine vietnamienne, il est aussi militant communiste et couvre une manifestation contre « l’Impérialisme américain au Vietnam » quand il est approché par des agents du Kremlin. Ces derniers, qui savent tout le lui, lui proposent d’aller dans son pays d’origine et d’y faire des clichés de propagande qui pourrait servir la cause Viet Cong. André se laisse convaincre, s’envole pour le Cambodge avant de passer clandestinement la frontière vietnamienne. Il fait la connaissance d’une « unité de résistance » commandée par le Général Pham, du capitaine Cuong, de Khien et d’une jeune fille, Mai Lan. Le photographe prend, petit à petit, fait et cause pour le combat Viet Cong. La kalachnikov remplace vite l’appareil photo et les balles les pellicules… Allan Barte, auteur de ce conte moderne aux traits animaliers et naïfs, interroge les ressorts intimes de l’engagement politique. Sans doute, ce fils d’un père vietnamien et d’une mère bretonne, par ailleurs scénariste de dessin animé, est-il lui-même à la quête de son identité ? Le livre qui ne laisse pas insensible rappelle que la guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens…

Napalm Fever – Allan Barte – Editions Gallimard – collection Bayou – 96 pages – 16 euros.

J’ai pas volé Pétain mais presque

BDPetain

L’histoire est connue et même archi-connue. En février 1973, cinq membres d’un commando aux allures de barbouzes rejoignent l’Ile d’Yeu où repose la dépouille du maréchal Pétain. Ils ont répondu à la demande de l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancourt qui souhaitait faire respecter les dernières volontés du vainqueur de Verdun : « être enterré au milieu de ses soldats à Douaumont ». Après de nombreuses péripéties, le commando parvient à dégager le cercueil, à le déposer à l’arrière d’une Estafette avant de rejoindre le continent. Il y a de nombreux imprévus : le manque de matériel pour refaire les joints qui sont colmatés avec du papier journal, un rendez-vous raté avec un « noble vendéen » qui devait garder le cercueil quelques jours ; le chauffeur à moitié sourd qui ne comprenait rien… Bref, l’aventure tourne au fiasco.

C’est cette aventure à la fois politique et historique que revisite Bruno Heitz en mettant en scène un jeune homme Jean-Paul. Ce repris de justice pour des faits mineurs hérite d’une de ses tantes une maison, de l’argent, une série de garages… Un de ses copains policiers lui présente un notaire, Maître Lambin, qui a une secrétaire plutôt gironde. Tout le monde est de la partie et Jean-Paul doit être le chauffeur de l’Estafette…

Le récit très romancé est un jeu d’acteurs plausibles et quand on revisite l’histoire, tout est permis. L’auteur est un « récidiviste » puisqu’il a déjà commis un ouvrage identique : J’ai pas tué De Gaulle mais ça a bien failli. Son dernier opus tout aussi gouailleur que le précédent reste néanmoins plaisant.

J’ai pas volé Pétain mais presque – Bruno Heitz – Editions Gallimard – collection Bayou – 90 pages – 17 euros

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