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Et si Tintin…

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Et si Tintin…

Voilà un ouvrage passionnant à mettre entre les mains d’esprits ouverts et fins car il s’intéresse au mythe de Tintin à travers ses parodies, ses pastiches, ses détournements, ses interprétations, ses histoires inédites. Car que sait-on réellement de Tintin ? « Qu’il lave plus blanc que blanc », qu’il n’a pas beaucoup écrit de reportages au cours de ses 24 albums, qu’il est un modèle de sobriété, de justice, qu’il a soif de vérité, qu’il représente le gendre idéal mais qu’il n’est pas marié, etc. Ceci explique pourquoi certains, auteurs, scénaristes et dessinateurs aussi créatifs qu’indélicats et jugeant le personnage trop lisse, se sont lâchés pour mettre le célèbre reporter du Petit Vingtième dans de fâcheuses postures, au point d’en faire des parodies plutôt osées et plus ou moins de bon goût. Ces faux-Tintins (par exemple, « les aventures de Saint-Tin et de son ami Lou », celles de « Tintain et Piloux »…) se sont multipliés sous des titres aussi farfelus les uns que les autres : Tintin en Irak, Le Crado pince fort, La Lotus bleue, Les Poils mystérieux... Ces auteurs construisent une autre vie au reporter : Tintin devient amoureux. Mieux, il se marie. Tintin vieillit. Il est enrôlé dans la guérilla au Salvador…

Ces parodies, oscillant entre belles œuvres créatrices (à l’image de celles d’Yves Rodier) et abjectes contrefaçons insensées, ont donné lieu à de retentissants procès de la part des Éditions Moulinsart, dirigés par Fanny et Nick Rodwell, véritables gardiens du dogme et de la mémoire tintinesque et hergéenne.

L’ouvrage très documenté d’Alain-Jacques Tornare, docteur en histoire, met en lumière les relations houleuses entre d’un côté ces amoureux de la ligne claire et des personnages de cette belle œuvre et de l’autre, la mainmise des gardiens de mémoires (Fanny et Nick Rodwell) apparemment plus attirés par l’appât du gain que par la sauvegarde de l’esprit même d’Hergé. Ce dernier était-il d’ailleurs exempt de tout reproche ? Ne s’est-il pas inspiré très fortement du personnage « Tintin » créé par Louis Forton (aussi créateur des Pieds Nickelés) en 1923 ?

Toujours est-il que le personnage Tintin est tellement vivant qu’il résiste sans coup férir à toutes ces attaques et à tous les hommages ! L’historien fribourgeois Alain-Jacques Tornare en fait la magistrale démonstration.

Tint’Interdit (Pastiches et Parodies) d’Alain-Jacques Tornare, Editions Cabédita, 48 pages, 18 euros.

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