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Annapurna 1950, un exploit français réhabilité

Le 3 juin 1950, aux environs de 14h, deux hommes arrivent au sommet de l’Annapurna, l’un des plus hauts sommets du monde, situé dans l’Himalaya.

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Annapurna 1950, un exploit français réhabilité

C’est la première fois dans l’histoire que des humains gravissent l’une des 14 montagnes dépassant la hauteur symbolique des 8000 mètres. Depuis le début du siècle et la fameuse tentative des Britanniques Mallory et Irvine sur l’Everest, les Européens s’évertuaient en vain à conquérir ces cimes mythiques. Il revint à une petite équipe française d’alpinistes chevronnés de réussir l’exploit. À leur retour, les héros furent vite entourés d’un énorme enthousiasme. « La France, qui se relève doucement de la guerre, peut trouver là un motif de fierté permettant d’oublier un temps la difficile reconstruction ». L’événement force l’admiration à l’étranger. Le livre qui relatera l’expédition sera traduit dans des dizaines de langues. Le fait est que l’Annapurna est le seul sommet de plus de 8000 mètres à avoir été gravi dès la première tentative, le tout « dans une région inconnue des Occidentaux et dont les rares cartes vont se révéler totalement fausses ». L’aventure était de taille, bien que traversée par des souffrances immenses sur la montagne.

À partir des années 80, une petite musique désagréable commencera néanmoins à s’insinuer dans le récit du grand exploit. Portée par des médias de gauche, elle s’amplifiera au fil du temps, ramassant toutes les idéologies de déconstruction du moment. Le succès de l’Annapurna ? Une « dérive nationaliste ». Maurice Herzog, le chef de l’expédition au volontarisme et à l’énergie débordants ? Tantôt un « industriel » aux « arrière-pensées publicitaires », tantôt un « chef de guerre » d’un « héroïsme malsain ». Au début des années 2000, c’est même la réalité de la conquête du sommet qui sera mise en doute, à l’encontre des évidences. En 2021, un livre canadien sur le gender tentera de déconstruire l’Annapurna et l’alpinisme, jugés comme le repaire de « l’héroïsme traditionnel du mâle blanc ». « La charge idéologique des destructeurs de l’Annapurna affleure à chaque ligne ou presque, et donne la curieuse impression que la montagne n’est que le prétexte à un règlement de compte bien plus vaste ». Un règlement de compte qui s’opère principalement contre Maurice Herzog, homme politique de droite qui aura été ministre du général de Gaulle, et contre le patriotisme naturel de son époque.

L’auteur, qui dirige depuis huit ans un blog géopolitique discret et influent (les Chroniques du Grand Jeu), livre ici un ouvrage fouillé qui redonne ses lettres de noblesse à l’une des plus impressionnantes épopées françaises de l’époque contemporaine.

 Christian Greiling, Annapurna 1950, un exploit français sous le feu de la cancel culture. Editions Héliopoles, 2022, 250 p., 24 €

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